Vous avez été tellement nombreux à m’écrire à la suite de ma dernière chronique «Le sourire de Belem», que je vous propose quelques autres réflexions en lien avec les enfants, l’environnement et les résolutions du nouvel an.

Quelle sera votre résolution en 2012? Selon plusieurs sites web que j’ai consultés, il semble que nous serons plusieurs à nous engager pour une cause. En effet,  le but des résolutions de la nouvelle année visent toutes, directement ou indirectement, le même objectif: augmenter notre bonheur. Et selon à peu près toutes les études, religions, philosophies et sages de la planète, le meilleur moyen de se procurer du bonheur passe par le don et l’engagement.

Alors la question est pour quelle cause allez-vous contribuer? Pour plusieurs d’entre nous, la réponse sera «les enfants». Quels organismes vous viennent tout de suite à l’esprit? La Fondation de l’Hôpital Ste-Justine? Grands Frères, Grandes Soeurs? La Fondation du Dr Julien? Ces organismes sont essentiels et je leur lève mon chapeau.

Protéger l’environnement est une cause qui concerne en premier lieu les enfants, mais on y pense rarement de cette façon. Pourtant, à qui lèguerons nous cette planète?

En fait, selon Statistiques Canada seulement 2% des canadiens contribue à une cause environnementale, comparativement à 21% pour la santé (incluant les hôpitaux). Et surprise, des études démontrent que l’on ne considère même pas l’environnement comme une cause charitable mais plutôt comme un mouvement politique ou un courant de consommation!

Pourquoi donne-t-on à l’Hôpital Sainte-Justine et pas à Greenpeace? Évidemment, les raisons sont multiples, mais fondamentalement c’est en lien avec leur façon de mettre en marché leur «produit».

Le premier est un enfant malade qui a besoin d’aide. Le deuxième est un ours polaire qui a trop chaud. Si on vous sollicite en même temps pour votre dernier 20$ de la semaine, à qui le donnerez-vous: l’enfant ou l’ours? Poser la question, c’est y répondre.

Il existe un argumentaire rigoureux derrière chacune de ces causes. Mais ultimement, les gestes que l’on pose sont autant émotifs que rationnels. On peut comprendre la problématique des changements climatiques mais si on n’est pas touché d’une façon ou d’une autre, il est peu probable qu’on l’on donnera pour cette cause.

Le mouvement environnemental doit-il devenir plus émotif et plus humain dans son plaidoyer? La prochaine lettre de sollicitation de Greenpeace doit-elle comporter une photo d’un enfant inuit qui risque de ne jamais pêcher ou chasser aux mêmes endroits que ses ancêtres?

Chose certaine, pour influencer le cours des choses, il faudra augmenter le nombre de citoyens engagés dans ce mouvement. Il faudra parler davantage des enfants à Tuvaloo qui risquent de devenir les premiers réfugiés du climat et des vieux chasseurs inuits qui constatent les changements climatiques dans leurs communautés.

Et il faudra parler davantage de notre responsabilité intergénérationnelle. Quel monde allons-nous laisser à nos enfants? Quel monde vais-je laisser à ma fille, Belem? Un paquet de problèmes? J’aimerais mieux lui laisser le plus de raisons possibles pour sourire.

On peut se désoler que seulement 2% des Canadiens donnent à l’environnement, ou on peut agir. De mon côté, ma résolution pour 2012 est choisie: convaincre le plus grand nombre d’entre vous de devenir membre d’Équiterre!

Bonne année!

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