(Photo Hugo Lorini)

Je me déplace à vélo depuis que je sais pédaler. J’ai grandi à la campagne et à l’époque, je n’aurais même pas compris ce que signifient les mots «piste cyclable». Cela n’existait pas. Pourtant, j’ai passé mon adolescence à sillonner les routes régionales et les chemins de terre des Cantons-de-l’Est.

Je ne croisais que très rarement d’autres cyclistes. C’était une autre époque!

Quand j’ai déménagé à Montréal pour étudier au cégep, il ne m’est même pas passé par la tête de me déplacer autrement qu’en vélo.

C’est d’ailleurs du siège de mon vélo que je suis devenu militant écologiste. Pour moi, ce mode de transport méritait d’avoir sa juste place dans la ville. Mes voyages en Europe et en Asie m’ont d’ailleurs grandement réconforté: il existait des villes ou le vélo était vraiment roi. Cela était possible.

Évidemment, au Québec on ne voit pas toujours le vélo comme un mode de transport à part entière. On le voit souvent comme un jouet; au mieux comme un sport ou un loisir. Comment convaincre les citoyens que le vélo peut révolutionner le transport, la ville et l’urbanité tout en réduisant la pollution?

Alors que je préparais une campagne de sensibilisation sur le transport écologique, une collègue me raconta comment elle passa de cycliste du dimanche à cycliste urbaine. Un jour, elle participa au Tour de l’Île organisé par Vélo Québec. Par hasard, cette année-là, le trajet passait dans son quartier et devant le bureau où elle travaillait. Elle fit donc le même trajet qu’elle faisait chaque jour en autobus, en vélo.

Elle eut son épiphanie. Du coup, elle réalisa qu’il lui était possible de se rendre de la maison au boulot en vélo. Cette idée ne lui avait jamais traversé l’esprit auparavant. Depuis, son vélo, est son principal mode de transport.

L’histoire de mon amie n’est pas unique. Des milliers de Québécois sont passés du vélo comme loisir au vélo utilitaire. En fait, 100% des personnes qui utilisent un vélo pour se déplacer l’ont premièrement utilisé comme un jouet ou un loisir; c’est nécessairement la première étape.

Comme adolescent en Estrie, les camarades cyclistes étaient plutôt rares. Aujourd’hui, la pratique du vélo est l’un des attraits touristiques les plus importants de la région grâce notamment au magnifique réseau cyclable qui s’est développé sous l’impulsion, encore une fois de Vélo Québec. D’ailleurs, la Route verte, qui traverse toutes les régions du Québec, est l’un des plus vastes réseaux cyclables au monde; le résultat de 20 ans d’entreprenariat collectif sous la gouverne de Vélo Québec.

Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre qu’après avoir investi pour la construire, le gouvernement du Québec a décidé l’automne dernier de couper le financement pour son entretien; 2,7 millions de dollars par année! 2,7 millions de dollars, ce n’est même pas un dixième d’un pourcent du budget du Québec. Pour un réseau de 5000 km qui a gagné des prix internationaux et qui rapporte sans doute dix fois plus que cette somme uniquement en économies pour le système de santé!

J’étais furieux. Mais jamais aussi furieux que les milliers de bénévoles qui donnent de leur temps pour y patrouiller et en assurer la sécurité. Jamais aussi furieux que les municipalités pour qui cette route est un attrait touristique et une source de développement économique important.

Cela fera bientôt un an que la coupure est tombée et en dépit des lettres et plaidoyers de 150 municipalités, le gouvernement refuse toujours de bouger. Sur certains tronçons de la Route verte, le manque d’entretien menace maintenant la sécurité des cyclistes (imaginez de grosses branches d’arbres sur la piste…). Si on ne rétablit pas le financement, certaines sections devront fermer.

Cette décision est complètement en porte-à-faux avec les objectifs ambitieux du gouvernement Couillard à l’égard de la réduction des gaz à effet de serre. Cela envoie un bien mauvais message aux citoyens qui veulent prendre soin de leur santé, réduire leur empreinte écologique et encourager l’économie et le tourisme local.

Il faut sauver la Route verte. Un petit geste à poser: signez cette pétition. Vous voulez en faire plus? Contactez votre député et faites-lui part de point de vue!

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