Onze semaines de conflit. Bientôt douze. L’enfer des uns et le chaos des autres. D’un côté, des étudiants qui ne se voient plus reculer, et de l’autre, un gouvernement qui avait grandement sous-estimé l’ampleur du bobo et qui s’attendait à ce que tout se résorbe avec l’arrivée du beau temps. Tellement évocateur de son habituelle façon de faire. Vous savez, le fameux «tout finit par se tasser». Déprimant. Maintenant, si je puis me permettre, il me semble clair que le «bockage» est beaucoup plus fort du côté du gouvernement.

Il serait plus que temps de faire appel à un tiers pour remettre la discussion sur les rails. Vivement qu’un sage soit appelé à siéger pour favoriser le rapprochement des opposants. Et pas la semaine prochaine, pas demain. Tout de suite!

L’autre matin à la radio, j’entendais l’ex-juge Louise Otis, maintenant une médiatrice reconnue et respectée, tracer le portrait de ce que serait une vraie négociation impliquant toutes les parties. C’était de la pure musique à mes oreilles. Un protocole clair, limpide et efficace. Loin des techniques d’isolement et de «pardon mon’oncle» prônées par le gouvernement la semaine dernière.

Louise Otis n’est pas la seule à pouvoir assumer cette responsabilité. Le Québec compte sur un grand bassin de compétences en la matière. Des hommes et des femmes d’expérience qui ont déjà vu neiger et qui pourraient reprendre du service demain matin si on leur en faisait la demande. Sauf que pour faire ça, un gouvernement doit mettre son orgueil de côté et reconnaître son ineptie.

Malheureusement, voilà deux aspects qui semblent totalement échapper au premier ministre. On va attendre encore combien de temps?

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On a appris que le comé­dien Alexis Martin, que dis-je, que «l’immensément dangereux et subversif comédien Alexis Martin» s’était fait arrêter lors de la manif de mercredi soir alors qu’il rentrait chez lui. Puisqu’il est connu, son histoire s’est rendue à nous. Avoir été un anonyme citoyen, je suis sûr qu’on ne l’aurait jamais sue. D’ailleurs, on peut deviner qu’il n’est pas le seul à avoir vécu cette situation. Question au chef Marc Parent du SPVM : se pourrait-il que vos agents sur le terrain soient fatigués au point de ne plus faire la différence entre un casseur et un marcheur? Les premiers sont facilement reconnaissables. Généralement vêtus de noir et cagoulés, ils vont parfois même arriver sur les lieux des manifs avec une pioche dans les mains. Ça s’est vu. Ce sont eux, me semble, qui devraient avoir un accès prioritaire aux paniers à salade. Oui, me semble. Mais bon, qui suis-je pour juger de la qualité des interventions de vos troupes…

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Tant qu’à être sur le mode interrogatif à propos de la manif du 25 avril au soir, j’ai une autre question. Celle-là, pour le maire de Montréal. M. Tremblay, sans trop fouiller dans votre carnet mondain, c’est pas vraiment mon genre, pourriez-vous quand même me dire ce que vous faisiez à la première du Cirque du Soleil mercredi soir dernier alors que TOUT LE MONDE savait qu’il allait y avoir de la casse au centre-ville? C’est bien beau prendre le micro au lendemain des événements avec un air choqué pour lâcher un vibrant «assez, c’est assez», mais il me semble que le soir même, c’eût été un peu plus convaincant de vous entendre réagir en tant que premier magistrat. En tout cas… En passant, M. le maire, avez-vous aimé le spectacle Amaluna? Moi, si. Beaucoup. C’est présenté jusqu’au 15 juillet, dans le Vieux-Port.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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