Valerie Macon / Getty Images Paris Hilton

Paris Hilton est venue faire son tour en fin de semaine au Beachclub de Pointe-Calumet. Faisait beau et chaud pis ça a l’air qu’elle a été très généreuse de sa personne avec le monde. Pour ma part, je suis sagement resté à la maison. J’imagine que Paris ne m’en voudra pas outre mesure. De un, elle ignore totalement que j’existe; de deux, vu son agenda qui déborde de ce genre de rendez-vous sans lendemain, je crois qu’elle préfère ne pas trop s’attacher aux autres.

Ainsi va la carrière de Paris, il faut la prendre quand elle passe. D’ailleurs, c’est ça sa seule et unique fonction dans l’univers: être là. Nul besoin de donner des spectacles ni de faire montre d’un quelconque talent, on lui demande juste d’être là et c’est tout. À cet égard, sa vie ressemble en tous points à celle d’un poisson rouge. Quand tu passes à côté du bocal, tu le vois qui ne fout rien, tu le nourris de deux ou trois grenailles et tu reprends ton chemin sans trop y repenser par la suite. Donc, constat obligé: Paris Hilton et les poissons rouges sont des êtres qui ne laisseront aucune trace, sur la terre comme dans l’eau.

Ce qui m’amène à poser une question qui me poursuit depuis quelques jours: pourquoi donc, bonyeu, la visite de Paris Hilton a-t-elle alimenté les bulletins de nouvelles tout au long du week-end? À la télé, à la radio, dans les journaux – et sous l’onglet «chronique culturelle» par-dessus le marché! C’est comme si on n’en avait que pour la fée des douchebags.

J’sais bien que l’actualité prend un break en été. Et que dans les salles des nouvelles, à moins d’un cataclysme, t’es pris pour courir après n’importe quelle piscine-publique-sale-qui-donne-des-bobos. Mais là, en s’agrippant au maillot de Paris Hilton pour avoir quelque chose à raconter, excusez-moi, mais je pense qu’on nage en plein délire, dans la partie la plus creuse du bassin…

Cette tendance est d’ailleurs inquiétante dans la couverture de ce qu’on appelle communément «le culturel». Qu’on se le dise : la visite de Paris Hilton N’EST PAS un événement culturel et ne méritera JAMAIS d’être considérée comme tel. Au mieux, c’est un fait divers, au pire, c’est une joke. Et dans un monde minimalement équilibré, oh qu’on devrait donc s’en cr… totalement. Quand je vois des reporters de la culture (!) s’attarder à ce type de manifestation, ça me donne l’impression que l’héritage de Michel Girouard est devenu LA référence pour une nouvelle vague de pseudo-chroniqueurs ou de blogueurs des arts et spectacles. Ça me désole.

En attendant, y’a d’autres festivals qui s’en viennent. Et y’aura une orgie de bons spectacles à couvrir. On souhaite que des chroniqueurs – des vrais, il en existe quand même encore quelques rares spécimens – en profiteront pour vous parler de tout plein d’artistes dignes de ce nom. Ceux-là sont légion, suffit de leur laisser l’espace qui leur est dû.

Aussi dans Sylvain Ménard :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!