Julian Haber www.julianhaber.com Béatrice Couture, directrice générale de Innocité

Béatrice Couture est la directrice générale d’InnoCité MTL, le premier accélérateur de ville intelligente au Canada, créé en juin 2015. À raison de deux cohortes par an, l’organisation qui aide des startups à percer le marché, n’a accueilli qu’une seule équipe cofondée par des femmes, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. Entrevue avec une femme de caractère.

Expliquez-nous ce qu’est un accélérateur
Il existe plusieurs définitions, mais pour moi, un accélérateur intervient à un moment bien précis de la vie d’une entreprise. C’est un programme court, le nôtre dure 12 semaines. On agit au niveau de la mise en marché de l’entreprise. On aide à comprendre comment attaquer le marché et comment faire pour financer leur emprise sur ce marché-là. Nous ne nous situons pas au niveau du développement du produit.

Pourquoi avons-nous besoin d’un accélérateur de ville intelligente à Montréal?
C’est important car le mouvement de la ville intelligente est une tendance bien ancrée. Il faut créer ce savoir-faire à Montréal, développer des innovations dans le domaine, être un pionnier et avoir cette expertise pour l’exporter à travers le monde. C’est une façon pour Montréal de faire sa place parmi les autres grandes villes du monde. Le maire Coderre a, dès le début, placé la ville intelligente dans ses priorités. Le plan d’actions qui a été mis en place comportait le désir d’avoir un catalyseur de développement économique autour du créneau de «ville intelligente» et c’est comme ça qu’InnoCité est né. La Ville travaille avec les cohortes pour devenir un premier client, un band d’essai ou une source de rétroaction.

Qu’est-ce que ça fait d’être la première directrice générale d’accélérateur à Montréal?
Avant que Noor El Bawab ne devienne directrice générale de District 3, j’étais la seule directrice générale d’un accélérateur à Montréal. J’ai toujours évolué dans des milieux très masculins alors ça ne me surprend pas mais quand je prends du recul, parfois je me dis « Ah oui c’est vrai quand même! »

Être une femme dans ce milieu masculin, est-ce un atout ou un désavantage?
Je me suis sentie la bienvenue dans l’écosystème, dès le début. J’ai eu besoin de faire mes preuves, mais ça aurait été le cas pour n’importe qui. En tant que femme, on a tendance à se poser beaucoup de questions et à s’interroger sur nos compétences, on ne se sent pas toujours à la hauteur. Je pense que les femmes prennent très à coeur ce qu’elles font. C’est un aspect intrinsèque à nous-mêmes, ce n’est pas un facteur externe. Personne ne me fait me sentir comme ça. Faut arrêter d’écouter sa petite voix, il faut avancer. C’est ce que j’ai fait.

Avez-vous une politique pour recruter des startups fondées par des femmes?
Je ne fais pas de discrimination positive. Je reçois très très peu de candidatures féminines. Je ne favorise pas les femmes par rapport aux hommes car je ne pense pas que ce soit la bonne façon de procéder. Je choisis juste les meilleurs.

Il y a uniquement des hommes au Conseil d’administration (C.A.) d’InnoCité et seulement deux femmes parmi les mentors.
Oui c’est vrai et ce n’est pas faute d’avoir tenté de recruter des femmes. J’ai demandé à plusieurs d’en faire partie, mais elles ont toutes refusé. J’y ai travaillé, mais peut-être pas assez. On a essuyé plusieurs refus et on a dû mettre nos efforts ailleurs après un certain temps. J’accepte toujours d’aller prendre un café avec une femme qui a des questions, j’offre mon aide à chaque fois qu’on me le demande. On m’a tendu la main à une certaine période et je veux pouvoir rendre ça. Ça me fait plaisir. J’aimerais vraiment avoir des femmes au C.A.

«Je crois qu’être une femme à la tête d’InnoCité est déjà un message en lui-même. En le faisant, je montre l’exemple. Je fais ce que j’ai à faire et j’espère que les autres femmes vont suivre le mouvement.» -Béatrice Couture, directrice générale d’InnoCité

Des conseils pour les femmes?
On cherche tout le temps la perfection, mais il faut laisser faire ça! Si je m’étais écoutée, je ne ferais pas ce que je fais aujourd’hui. Les gars ne s’en font pas et c’est une bonne chose. Les femmes se soucient trop de micro-détails. C’est sur nos filles qu’il faut agir, car ma génération, ça a l’air trop tard! Il y a tout de même des choses qu’on peut faire dès maintenant, comme, par exemple, changer le vocabulaire utilisé dans les offres d’emplois, qui est clairement ciblé pour les hommes. Ça nous prend également des modèles femmes.

InnoCité
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