Claudie Camirand/Espace pour la vie Quelques exemples de gastronomie entomophagique : des falafels aux larves de ténébrions, un mélange de noix épicées et de larves de ténébrions, des macarons aux fraises balsamiques et grillons et des biscuits aux courges et scorpions.

Un congrès international d’entomophagie, pratique qui consiste à se nourrir d’insectes, aura lieu pour la première fois en Amérique du Nord l’été prochain, à l’Insectarium de Montréal.

Ce sera l’occasion pour les passionnés de se pencher sur la recherche, la promotion, la préparation culinaire et la commercialisation des insectes, considérés comme la nourriture de l’avenir en raison de leurs grandes qualités nutritives et de leur faible empreinte écologique.

«Les insectes contiennent autant de protéines que le poulet et leur élevage requiert moins d’eau, moins d’espace et moins d’émissions de gaz à effet de serre», a souligné Aruna Antonella Handa, l’une des organisatrices du congrès.
Bien qu’ils soient consommés par plus de deux milliards d’humains sur la planète, principalement en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie, les insectes le sont très peu en Amérique du Nord, principalement pour des raisons culturelles.

«Il n’y a pas de fournisseur canadien d’insectes propres à la consommation humaine», a noté Mme Handa. Elle recommande aux entreprises et restaurants qui la consultent de s’approvisionner auprès d’une compagnie des États-Unis. Elle connaît quelques restaurants à Toronto qui ont des insectes sur leur menu, mais aucun à Montréal.

La commercialisation de l’entomophagie se fait donc à petits pas. Jakub Dzamba, doctorant en architecture à l’Université McGill, travaille sur des prototypes de petites fermes de criquets. Il voit plein d’avantages à élever des criquets en ville. «On peut produire beaucoup de nourriture dans un tout petit espace, fait-il valoir. Les criquets mangent divers résidus organiques, comme des déchets de table, et la ferme est sans odeurs et hygiénique. Grillés, ils goûtent un peu comme des amandes.» Pour l’instant, peu de gens sont intéressés à Montréal à acquérir de telles installations, mais il croit que d’ici 5 à 10 ans, ces fermes pourraient se retrouver dans des résidences, des restaurants ou des industries.

Le public sera aussi invité à une dégustation au cours du Future Food Salon Montréal, qui aura lieu en même temps que le congrès.

Un bistro tout en insectes
L’Insectarium de Mont­wréal souhaite s’engager plus activement dans la promotion de l’entomophagie. L’institution veut offrir une expérience permanente de consommation d’insectes dès 2017, lorsque le projet d’agrandissement qui fera tripler la dimension de l’institution sera terminé. «Idéalement, il va y avoir un bistro où le public va pouvoir assister à la préparation des plats et où des exemples de petites fermes d’élevage d’insectes seront montrés. On veut expliquer pourquoi c’est une voie d’avenir», a déclaré Anne Charpentier, directrice de l’Insectarium.

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