Quand on se lance dans une recherche d’emploi, on regrette parfois des écrits ou des photos osées du passé. Petite enquête pour savoir comment nettoyer sa réputation sur l’internet.

La première chose qu’il faut savoir, c’est qu’il est impossible de «nettoyer» complètement sa réputation sur l’internet. Nos traces numériques sont là pour toujours, et même si on se lance dans une offensive tous azimuts pour redorer notre image, les problèmes techniques sont immenses. «Certaines entreprises font du commerce avec cette idée, mais c’est du marketing. Ce qui est possible est de gérer sa réputation, explique Jérôme Coutard, président fondateur de Filteris, firme qui se spécialise dans la gestion de réputation sur le web, basée à Stoneham. On ne peut pas contacter tous les sites pour enlever ce qui ne serait pas à notre goût.»

La première étape est donc de diagnostiquer le problème et d’évaluer le pourcentage d’informations positives et négatives qui sont véhiculées à notre égard. Lorsqu’on cherche notre nom sur un moteur de recherche, quels liens apparaissent en premier? Notre profil LinkedIn ou plutôt la photo d’une soirée arrosée publiée par un ami sur Facebook? On regrette souvent des photos ou des statuts publiés il y a quelques années à peine. «C’est une question de culture numérique. On sent que les gens sont de plus en plus attentifs à ce qu’ils ont publié, affirme Jérôme Coutard. Il y a 5, 10 ans, on se lançait et on partageait sans se préoccuper des effets.»

Il est judicieux de sécuriser et de nettoyer nos réseaux sociaux afin de n’admettre que notre entourage, selon le type de réseau social. Facebook sera plus intime, tandis que sur LinkedIn, on peut garder contact avec nos collègues et autres personnes croisées une ou deux fois. Une page professionnelle sur Facebook permet de mieux gérer ce réseau social en séparant le privé du personnel, sans pour autant dire adieu à nos 1 500 «amis». On peut aussi contacter des personnes en privé pour leur demander de retirer certaines photos.

Gérer activement
Ensuite commence la vraie gestion de réputation. Selon Jérôme Coutard, il faut réactualiser ses comptes avec de l’information positive, mais vraie. Si on n’en possède pas, on peut se créer des comptes Twitter et LinkedIn, qui sont utiles pour véhiculer une image professionnelle. Alimenter régulièrement ces comptes est vital pour reléguer les informations négatives aux oubliettes.

«Petit à petit, les moteurs de recherche vont repérer ces nouveaux contenus, considérer qu’il s’agit d’informations actualisées, et ces liens numériques remonteront dans les premiers résultats de Google», explique Jérôme Coutard, qui mentionne que la très vaste majorité des personnes ne consultent que les trois premiers liens sur un moteur de recherche. Avec ce travail de moine, on noie donc les informations négatives à son égard et on réduit le risque qu’un employeur potentiel les consulte.

Le président fondateur de Filteris convient que l’opération peut être longue, même frustrante, alors qu’on voudrait qu’elle se réalise du jour au lendemain. Si elle est trop difficile à effectuer, on peut faire appel à une firme de gestion de réputation sur le web, mais il faut sortir son portefeuille : le service coûte plusieurs milliers de dollars et prendra quelques mois avant de donner des résultats. Même pour les professionnels, il est impossible d’aller plus vite que Google!

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