Getty Images/iStockphoto D’ici quelques années, l’UdeM souhaite proposer des formations dans d’autres langues autochtones.

L’Université de Montréal (UdeM) est devenue au printemps la première à Montréal à offrir un cours de langue innue, parlée dans différentes communautés autochtones d’ici.

Plusieurs universités au Québec ont des programmes de langues autochtones, mais ceux-ci sont plutôt axés sur les aspects historiques et théoriques et non sur la communication orale. Cette formation pourrait ainsi populariser cette langue dont l’état demeure fragile.

Avec l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, l’UdeM serait le deuxième établissement d’enseignement supérieur au Québec à permettre à des personnes d’apprendre les rudiments d’une langue autochtone pour s’exprimer dans différentes situations.

«Les objectifs du début seront la communication de base: saluer, se présenter, donner des informations personnelles, pouvoir parler de ce qui nous entoure», explique Gabriella Lodi, responsable de la coordination et de l’animation pédagogiques au Centre des langues de l’UdeM.

D’ici quelques semestres, les participants pourront poursuivre leur apprentissage de l’innu avec des cours plus avancés.

Au départ, la direction voulait offrir un tel cours aux étudiants des programmes d’études autochtones et de récits et médias autochtones. À la suite d’une étude de faisabilité menée en 2013, l’université s’est toutefois aperçue que d’autres étudiants provenant de programmes différents sont appelés à travailler dans les communautés autochtones.

Défis
Parmi la soixantaine de langues autochtones au Canada, l’innu est celle qui compte le plus de locuteurs dans la province avec plus de 8000 personnes. C’est ce qui a notamment motivé l’UdeM à choisir cette langue pour son nouveau programme linguistique.

Avec son alphabet constitué de 11 lettres, l’innu posera quelques défis aux futurs apprentis francophones, chez qui aucun référent de ce type n’existe, contrairement à l’espagnol, par exemple.

«C’est une langue très synthétique dans le sens où un mot peut résumer tout ce qu’on pourrait dire en français dans une longue phrase», mentionne Mme Lodi, qui
précise que les mots innus sont souvent composés de plusieurs suffixes.

Populariser
Du côté de Montréal autochtone, qui offre aussi depuis deux ans des cours de langues autochtones, on applaudit la décision de l’UdeM.

L’organisme a par ailleurs collaboré avec l’université afin de s’assurer que le nouveau cours ne soit pas néfaste à ses programmes. Selon le directeur général, Philippe Meilleur, l’université ira chercher une clientèle non autochtone.

«Nous, on fait plutôt des cafés-causeries ou des tables de discussion pour l’apprentissage au lieu d’offri des cours magistraux. On croit que  la majorité des autochtones vont préférer suivre des cours chez nous», indique-t-il.

Le nouveau programme de l’UdeM pourrait contribuer à populariser l’innu auprès d’une minorité de Québécois sans toutefois contribuer à sa survie, croit M. Meilleur. 

«Le processus pour pérenniser une langue, c’est que les générations successives d’autochtones y trouvent une valeur et vivent dans cette langue», soutient-il.

Le cours d’innu à l’Université de Montréal sera donné par Yvette Mollen, qui compte plusieurs années d’expérience en enseignement de l’innu. 

La langue innue en chiffres

  • 11 lettres composent son alphabet.
  • Il y a 19 955 habitants innus répartis dans neuf communautés au Québec, selon le Secrétariat québécois aux affaires autochtones
  • 8881 locuteurs ont déclaré avoir l’innu comme langue maternelle au Québec, selon le recensement de 2011.

 

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