Getty Images/iStockphoto Les métiers manuels sont multiples et variés.

Quitter son poste de comptable pour devenir relieur et restaurateur de livres… Abandonner ses études de droit pour suivre une formation en charpenterie… Utopie ou réalité?

«Tout est possible, selon le profil de carrière de la personne», estime Valérie Plourde, conseillère en orientation et coach de carrière. Si certains ont peur de se lancer, elle rappelle que le fait de se diriger vers les métiers manuels peut être un choix gagnant.

«Il y a tout un paradoxe social qui donne bonne presse aux formations universitaires et moins bonne presse aux formations plus techniques», déplore la conseillère en orientation. Elle explique ainsi que certaines personnes choisissent un cursus universitaire sous la pression de leurs pairs. «De plus, beaucoup ne connaissent pas tout le potentiel des formations techniques», ajoute-t-elle.

Pourtant, celles-ci permettent généralement une entrée rapide dans le monde du travail, grâce à un atout majeur: elles sont courtes, soit d’une durée de 6 à 18 mois. «Dans le cas d’une deuxième carrière, les formations techniques donnent l’avantage de se réorienter rapidement en accédant plus vite au nouveau secteur de notre choix», souligne Mme Plourde. Par ailleurs, ces formations sont souvent couplées à des expériences de terrain, facilitant ainsi l’entrée en entreprise.

Occasions de carrière
Les métiers manuels sont multiples et variés: luthier, maçon, peintre… «L’avantage, c’est qu’on peut trouver d’excellents emplois dans à peu près tous les domaines», estime la conseillère en orientation.

Elle donne l’exemple d’un ébéniste. Après l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP), à l’issue d’une formation de 18 mois, des choix très différents s’offrent à lui. En effet, il peut aussi bien se lancer dans la conception de pièces uniques en tant que travailleur autonome que décider d’œuvrer au sein d’une grande entreprise. «Ce sont des savoir-faire recherchés et les employeurs offrent souvent de très bons salaires», conclut Mme Plourde.

Quel secteur choisir?
«Je me bats pour un choix qui soit axé sur l’individu plutôt que sur les grandes tendances», avertit Valérie Plourde, conseillère en orientation et coach de carrière. Pour elle, il faut opter pour un secteur avant tout par passion ou par conviction et éviter de le faire en fonction du marché.

Toutefois, elle note que certains secteurs recrutent plus que d’autres. C’est le cas de la construction, de la production et de la manutention. De belles perspectives y sont offertes, avec des taux de chômage très bas et de bons salaires, même pour les débutants. «Tout ce qui est technique est particulièrement recherché sur le marché de l’emploi», commente Mme Plourde. Par exemple, les diplômés en mécanique de machines fixes, en mécanique d’engins de chantier ou en techniques d’usinage sont très demandés. De plus, il y a bel et bien une pénurie dans les secteurs minier et métallurgique.

«Il faut aussi prendre en compte notre lieu de résidence, car certaines zones sont plus saturées que d’autres», prévient toutefois la conseillère en orientation. L’inverse est tout aussi vrai: dans certaines régions, le manque de main-d’œuvre spécialisée est criant.

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