Métro Les réseaux sociaux sont notamment utilisés par les recruteurs pour intéresser, repérer et courtiser les candidats qui ont déjà un travail, mais qui pourraient être ouverts à l’idée de changer d’emploi.

Avec le vieillissement de la population, le recrutement de main-d’œuvre devient un enjeu majeur pour les entreprises. Les médias sociaux pourraient les aider dans cette tâche.

«L’année 2011 est une année historique au Québec, car, pour la première fois, il y a plus de travailleurs qui ont quitté le marché du travail que de nouveaux travailleurs qui y ont fait leur entrée, dit Sylvie Leclerc, conseillère chez Illico Hodes, une agence-conseil montréalaise spécialisée en marketing employeur. Cela génère une tension qui crée un rapport de force [souvent] à l’avantage des candidats, selon les domaines. Dans ce contexte, les médias sociaux deviennent un bon moyen de recruter, mais il ne s’agit pas d’une pilule miracle; c’est un élément faisant partie de stratégies intégrées qui utilisent différents canaux. Dans certains secteurs, les médias sociaux ne sont pas un bon moyen de rejoindre les candidats, alors que dans d’autres, ils offrent aux entreprises une façon de sortir de la masse et de se bâtir un capital social.»

Dans les domaines où la rareté des candidats se fait sentir, le marché peut être très compétitif. «Ça force les recruteurs à devenir des recruteurs “de l’avenir”; alors qu’autrefois leur rôle était plutôt de sélectionner les meilleurs candidats parmi ceux qui postulaient, aujourd’hui, leur expertise doit dépasser les ressources humaines, ajoute la conseillère. Ils doivent également être de bons communicateurs et même de bons vendeurs. Dans cette optique, tout le monde dans l’organisation devient ambassadeur, et les recruteurs doivent apprendre à réseauter de façon intensive. Ça remet en question les façons de faire habituelles.»

Ainsi, les réseaux sociaux sont utilisés par les recruteurs pour intéresser, repérer et courtiser les candidats qualifiés de «passifs» ou de «semi-passifs», c’est-à-dire des gens qui ont déjà un emploi ou qui, du moins, ne sont pas nécessairement à la recherche d’un nouveau poste. «On estime que les chercheurs d’emploi actifs ne comptent que pour 12 % de la main-d’œuvre potentielle», rapporte Simon Hénault, fondateur de Linked Québec et formateur, conseiller et rédacteur LinkedIn pour le développement des affaires et le recrutement. «Et les candidats actifs sont normalement plus faciles à rejoindre puisqu’ils sont branchés», ajoute Sylvie Leclerc.

Il faut aussi dire que toutes les catégories de candidats ne sont pas représentées de façon égale dans les médias sociaux; les 18-24 ans y passent plus de temps chaque semaine, et certains domaines regroupent davantage de «early adopters». «Les gens en technologies de l’information, les vendeurs et les représentants, par exemple, sont généralement plus à l’aise avec les technologies, explique-t-elle. Il est donc important pour les recruteurs de développer une bonne connaissance de ces outils pour cibler les bons candidats.»

LinkedIn et Facebook: une question de cible
LinkedIn est presque un incontournable pour les professionnels, soit. «Mais Facebook est, à l’heure actuelle, un bon moyen pour rejoindre les jeunes sur les campus», mentionne Sylvie Leclerc. «On estime que 95 % des universitaires sont sur Facebook, alors que seulement 10 % des recruteurs s’y trouvent. À l’inverse, de 5 à 10 % des universitaires ont un profil LinkedIn, alors que 80 % des recruteurs y sont actifs», rapporte Simon Hénault.

Tiré de L’unique répertoire des entreprises qui recrutent, édition 2011-2012 (Septembre éditeur)

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