Métro On s’oublie très vite derrière notre souci de performance: on est centré sur un objectif extérieur à soi dans le but d’être parfait.

Quand on cherche à se dépasser, le stress et l’épuisement nous guettent. Comment parvenir à combiner performance et bien-être? Claudie Pfeifer, présidente du Regroupement d’éducation somatique et directrice du centre Emballons-nous, nous éclaire.

Quels risques court-on à vouloir être constamment performant?
Les risques sont importants. La crise économique et la concurrence effrénée aidant, la performance est devenue nécessaire pour la survie professionnelle et scolaire. Mais le travail a un coût sur le corps, devenu machine. La performance produit du stress qui reste moteur tant qu’il n’est pas chronique. Lorsqu’il devient chronique, il laisse des traces sur le plan physique, psychologique et psychique. On ressent des tensions et des douleurs physiques (mal de dos, douleurs dans les yeux) et psychologiques (anxiété, épuisement, dépression). Selon l’Institut national de santé publique du Québec, 20% des travailleurs ont des troubles musculosquelettiques et 18% des Québécois souffrent de problèmes de santé mentale au travail.

On s’oublie très vite derrière notre souci de performance: on est centré sur un but extérieur à soi (des notes, des quotas à atteindre) dans le objectif d’être parfait.

Comment contrer l’oubli de soi?
Le bien-être passe par l’apprentissage. La première étape consiste à observer nos gestes quotidiens et notre façon de nous ajuster à notre environnement. Pour éviter des douleurs qui nuisent à notre bien-être, il faut être conscient de sa respiration et de nos mauvaises habitudes – résultat d’une organisation motrice déficiente. Les bonnes habitudes s’apprennent en prenant conscience des besoins de notre corps et de la façon de faire nos gestes quotidiens avec moins d’effort. C’est par des mouvements simples qu’on peut s’ajuster à son travail sans y laisser sa peau. Par exemple, quand on travaille assis, on peut se mettre debout, bouger lentement sa tête et ses bras. Comme dit l’adage, «qui veut aller loin ménage sa monture»!

Peut-on prévenir l’épuisement?
C’est possible, mais il serait utopique de dire qu’on peut arriver à l’éviter. L’éducation somatique permet de prendre conscience du corps en mouvement dans son environnement quotidien. Plus tôt on enseigne à retrouver la présence de son corps en mouvement, plus on se donne des outils concrets pour soutenir ce qu’on a à vivre. L’entreprise suisse Victorinox instaure depuis 2001 des pauses plusieurs fois par jour pour que ses employés prennent conscience de leur corps : c’est du temps pour travailler sa respiration, s’étirer et éviter de s’épuiser.

Comment le fait d’avoir conscience de son corps peut-il influencer notre efficacité au travail?
Ça permet une meilleure oxygénation, une plus grande endurance, etc. Ça réduit les troubles musculosquelettiques (comme les tendinites et les problèmes de dos) et améliore notre état psychologique. Les gens qui se sentent mieux sont plus créatifs et plus productifs. Une entreprise bénéficierait du bonheur de ses employés, non seulement en termes de productivité, mais aussi de consommation: on achète plus volontiers des produits de marques qui ont à cœur le bien-être de leurs employés.

Sources :

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