Métro Bien qu’il y ait autant de parcours que de travailleurs communautaires, on trouve, parmi eux plusieurs travailleurs sociaux, des psychologues et des diplômés en administration, par exemple.

Le milieu communautaire est un monde particulier, loin des considérations corporatives et tout près de l’être humain. Une intervenante expérimentée de ce secteur nous parle des avantages et des particularités du travail dans ce domaine.

Lorsqu’on questionne Amélie Lafortune-Lauzon sur les qualités essentielles du travailleur communautaire, elle répond sans ambages : «Il faut avoir la flamme, être prêt à s’engager réellement pour la cause et vouloir changer le monde.» À son ton, on imagine au bout du fil l’agente de recherche et de développement communautaire de la Corporation de développement communautaire de Laval (CDCL) faire de grands gestes en exprimant toute sa passion.

Elle confie que ce qui l’a poussée vers ce milieu, au départ, est avant tout l’amour de l’humain. Celle qui, depuis près de 10 ans, gravite autour des sphères de la solidarité internationale et du communautaire autonome explique également que le sens de l’initiative, la créativité, la flexibilité et l’écoute sont essentiels si on veut être heureux et efficace dans ce secteur.

Les beautés du secteur communautaire
«Je vois plusieurs avantages à travailler dans ce milieu, dont l’omniprésence du mouvement, souligne-t-elle. J’aime sentir que les choses bougent concrètement et j’aime contribuer au changement, même si parfois, c’est à petite échelle. Contrairement à bien d’autres travailleurs, je ne me sens pas dépendante de la bureaucratie.»

Même si le travail communautaire est rarement synonyme de salaire concurrentiel pour toutes les heures travaillées, elle précise que le milieu est très critique face à sa propre condition. La maman de deux enfants dit bénéficier d’une belle flexibilité au chapitre des horaires de travail dans ce secteur qui privilégie l’humain plus que la performance. «La conciliation travail-famille est au cœur des préoccupations, et ce milieu est ouvert à chaque personne telle qu’elle est. La pression qui nous pousse au rendement vient de nous-même et non d’un supérieur», ajoute-t-elle.

«Je ne me vois passer ma vie dans ce milieu, qui est tout à fait en phase avec mes valeurs et ma personnalité.» –Amélie Lafortune-Lauzon

Les défis du milieu
La principale difficulté, aux yeux d’Amélie Lafortune-Lauzon, est sans contredit la reconnaissance, car le communautaire est souvent associé au bénévolat et à la vocation. «Nous sommes en lutte constante pour la valorisation de notre travail et, bien sûr, pour le financement», précise-t-elle.

Comme les enjeux sont nombreux, elle concède devoir régulièrement se mettre à jour, analyser et comprendre les situations économiques et politiques en constante évolution pour ensuite ajuster les stratégies et les actions en conséquence.

Le profil de l’emploi
Il faut, selon Amélie Lafortune-Lauzon, éviter de percevoir le communautaire comme un tremplin vers autre chose. De plus, la logique corporative et la recherche du profit à tout prix n’ont pas leur place ici. «Quelqu’un qui a une vision peut très bien trouver sa place dans ce secteur, mais il doit éviter de l’imposer et plutôt se mettre en position d’écoute, fait-elle valoir. Dans le communautaire, on travaille tous ensemble pour obtenir de meilleures conditions!»

Bien qu’il y ait autant de parcours que de travailleurs communautaires, on trouve parmi eux plusieurs travailleurs sociaux, des bacheliers en animation et recherche culturelles, des maîtres en sciences politiques (comme c’est le cas pour Amélie), des sociologues, des psychologues et des diplômés en administration. Quoi qu’il en soit, la mobilisation, l’idéalisme, le leadership et l’esprit démocratique sont des mots clés dans le communautaire.

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