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Pas moins de 300 intervenants oeuvrant dans les écoles, les établissements de santé et les organismes communautaires ainsi que quelque dizaine de policiers se sont réunis mercredi pour une journée de réflexion sur la santé mentale des jeunes. Et pour cause, la moitié des maladies mentales se développent avant l’âge de 14 ans.

Voici un survol de quatre initiatives qui ont été mises sur pied pour aider les adolescents à reprendre goût à la vie.

Solidarité pour la vie
Depuis 1998, des animateurs du programme Solidarité pour la vie sillonnent les écoles et les organismes communautaires pour aider les jeunes à démystifier la dépression. Pendant plus d’une heure, ils leur expliquent les caractéristiques d’une personne dépressive et ce qu’il faut faire pour l’aider. De 5 à 10 % des adolescents seront atteints de la dépression et 70 % d’entre eux souffriront en silence, d’après la Fondation des maladies mentales. À ce jour, 790 000 jeunes ont assisté au programme Solidarité pour la vie. Celui-ci a contribué à réduire de 65 % le taux de suicide des jeunes Québécois, d’après un avis scientifique publié par le Réseau québécois de recherche sur le suicide. Ce programme est tellement en demande que l’agenda des animateurs est rempli jusqu’au mois de février.

Comme sur une patinoire
Pour vaincre le décrochage scolaire, la psychoéducatrice Josée Malenfant et le policier Martin Desmarais donnent des conférences dans les écoles et écrivent des livres pour expliquer aux jeunes que la vie, c’est comme un match de hockey. «Gagner son match, ça veut dire réussir sa vie», a expliqué M. Desmarais. Un joueur qui s’est traîné les patins pendant les premières périodes est submergé de regrets au terme du match. «Les gens comme cela en troisième période de vie, il y en a plein, a mentionné le policier. Ils aimeraient changer de place avec les jeunes pour vivre une nouvelle première période et réussir leur vie.» Ainsi, selon les conférenciers, il est important pour un joueur d’hockey de bien se connaître, d’être dans une bonne équipe (entourage), d’avoir de bon coach (parents) et de prendre part à l’action en demeurant sur la patinoire.

Vaincre le mauvais sort
Traiter les maladies mentales des jeunes peut demander beaucoup d’ouverture d’esprit lorsque les patients sont issus d’une communauté culturelle. Les intervenants de la clinique pédiatrique transculturelle de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont en savent quelque chose. Le pédiatre Selim Rashed a raconté l’histoire d’une jeune Haïtienne dont le passé était marqué par la violence et la prostitution. Parfois, elle avait de violentes convulsions et faisait des dessins à l’aide d’un rouge à lèvres. En la rencontrant à plusieurs reprises, les intervenants ont réalisé qu’en fait, elle entrait en transe pour vaincre son anxiété et que les dessins représentaient une façon de contrer les mauvais esprits. Au fil des rencontres, l’équipe d’intervenants a aidé la jeune fille à améliorer son estime d’elle-même et à vaincre ses peurs.

Comme s’ils partaient à la guerre
Le comportement émotionnel des garçons est-il régi par un «boy Code»? Ont-ils le droit de pleurer? Ont-ils le droit de parler de leurs émotions? Ce sont essentiellement les questions qu’a posées l’enseignant de 5e secondaire Martin Dubé à douze de ses élèves garçons pour le documentaire Comme s’ils partaient à la guerre qui est toujours en production. «Ils me disaient qu’ils peuvent parler de leurs émotions, mais pas trop et pas n’importe comment, a rapporté l’enseignant de Saint-Jérôme. Spontanément, ils ne pleureront pas ou ils ne diront pas que ça ne va pas.» Tous les jeunes hommes interrogés ont admis qu’il existait un «boy code», mais après cette prise de conscience, ils ont développé des mécanismes pour le contourner, a rapporté M. Dubé, qui semblait très fier de la maturité émotionnel de ses élèves.

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