MONTRÉAL – Bénéficiant d’un généreux coup de pouce du gouvernement Marois, l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft a choisi Montréal pour implanter son nouveau studio, qui devrait se traduire par la création de 500 emplois sur sept ans.

La société française, qui emploie actuellement quelque 3000 personnes dans la province, a confirmé, lundi, un investissement de 373 millions $ pour son nouveau studio, qui lui permettra notamment s’attaquer au créneau du jeu en ligne.

Ubisoft désire également développer son expertise dans les technologies de capture de mouvements.

Il s’agit du troisième projet du genre annoncé au Québec par le concepteur de la populaire série «Assassin’s Creed» depuis 1997, soit l’année de son arrivée dans la province.

En plus d’une aide financière de 9,9 millions $, le gouvernement Marois a convaincu Ubisoft de demeurer au Québec en élargissant le crédit d’impôt pour la production de titres multimédias qui couvre jusqu’à 37,5 pour cent des salaires des employés admissibles.

L’an dernier, ce crédit d’impôt, applicable à l’ensemble du secteur des jeux vidéo, a coûté 128 millions $ au Trésor québécois.

À Montréal, la première ministre Pauline Marois, accompagnée notamment du ministre des Finances, Nicolas Marceau, a indiqué que la limite de 36 mois relative à la période d’admissibilité des travaux de production serait abolie.

«Nous voulons modifier les critères dictés par la réalité de l’industrie, a souligné M. Marceau. Avant l’industrie produisait un titre et ensuite presque tout s’arrêtait. Désormais, c’est différent et en temps réel.»

Dans un bulletin d’information publié sur Internet, le ministère des Finances explique l’élargissement du crédit d’impôt par le fait «qu’il est maintenant possible d’accéder au contenu d’un titre multimédia par le truchement d’Internet et d’exploiter ce contenu simultanément avec une multitude d’utilisateurs».

Des spécialistes de gestion de réseaux et de communautés, des analystes en intelligence d’affaires et des mathématiciens figurent notamment parmi les postes qui seront créés.

Questionné par les journalistes, le ministre des Finances n’a pu fournir d’estimation quant à l’impact que pourrait avoir l’élargissement de ce crédit d’impôt sur les finances publiques.

L’embauche du personnel supplémentaire devrait se faire rapidement, ainsi que principalement au Québec, selon le président-directeur général d’Ubisoft Montréal et Toronto, Yannis Mallat.

«Traditionnellement, c’est assez agressif, parce que dans les trois ou quatre premières années, on atteint notre objectif, a-t-il souligné. Environ 85 pour cent de la main-d’oeuvre est locale. Il y a fort à parier que cette proportion restera la même.»

M. Marceau, qui a reconnu que le Québec était en compétition avec d’autres endroits pour l’implantation de ce nouveau studio, s’est défendu de subventionner des emplois en élargissant le crédit d’impôt.

«La grappe du secteur du jeu vidéo place le Québec comme un leader mondial et Ubisoft est l’élément central de cela, a-t-il souligné. Il n’y a pas de prix pour ça, c’est extrêmement précieux.»

Selon le ministre des Finances, l’industrie du jeu vidéo procure du travail à quelque 8000 personnes au Québec et représente la moitié des emplois canadiens de ce secteur.

«Je souhaite que cette dépense fiscale augmente avec le temps, a martelé M. Marceau. Je souhaite que les autres entreprises de l’industrie progressent également.»

Mme Marois a indiqué que le gouvernement fédéral n’avait pas accordé d’aide financière au projet d’Ubisoft.

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