Sébastien Roy/collaboration spéciale Le Projet Six Drawings, de Maotik, Diego Espinosa et David Adamcyk, présenté au Symposium IX l’an dernier.

Des rotondes d’église aux casques de réalité virtuelle, les dispositifs immersifs, qui placent l’observateur au centre de l’expérience, ont évolué et se sont multipliés dernièrement. Cette «explosion» de l’immersion sera au cœur du 2e Symposium IX, présenté par la Société des arts technologiques (SAT) du 20 au 24 mai.

«Ça fait 20 ans [que la SAT] fait de la recherche sur l’immersion. Ce qui arrive depuis un an, c’est tout l’engouement pour les oculus, les masques et toute la réalité augmentée», raconte avec enthousiasme Monique Savoie, fondatrice, directrice artistique et présidente de la SAT. Cette «explosion» de l’immersion se traduit par un grand nombre de projets de dispositifs immersifs et par le fait que le grand public aura bientôt accès à cette technologie, avec les sorties imminentes d’appareils tels que l’Oculus Rift sur le marché.

«Je n’aime pas tellement l’idée de la “réalité virtuelle”, parce qu’il y a une seule réalité, fait valoir Luc Courchesne, directeur du Metalab et directeur scientifique du Symposium. Toucher du bois, respirer, c’est de l’expérience aussi, [qu’on le vive virtuellement ou concrètement]. Il y a des couches d’expériences. Le virtuel, le physique et le mélange des deux, ça fait partie du nouvel espace d’expérience.»

L’événement IX 2015 réunira près de 100 artistes et penseurs de l’immersion, venus de 12 pays. Les journées commenceront par une conférence, suivie d’ateliers et de rencontres avec des artistes, puis se termineront par des présentations d’œuvres immersives. Chaque journée sera placée sous une thématique précise, et le symposium culminera avec le thème de la déconstruction des frontières entre les disciplines, avec la participation de Rémi Quirion, neuroscientifique et scientifique en chef du Québec.

Au moment de la création de la SAT, en 1995, «on commençait à comprendre que l’informatique allait transformer profondément la culture», observe M. Courchesne. Aujourd’hui, «notre hypothèse, c’est que l’expérience de l’immersion nous transforme et transforme notre façon de penser, notre rapport au monde», poursuit-il.

«On est dans “l’époque Méliès” de l’immersion, où tout doit être essayé, prototypé, bidouillé.» – Louis-Philippe St-Arnault, directeur du département immersion et commissaire du Symposium

Les artistes, les créateurs de jeux vidéo ou d’effets spéciaux, «tout le monde s’en vient dans la création d’environnements immersifs. Tout à coup, il y a toute une communauté de gens qui veulent développer ces environnements, qu’on enseigne aussi à la SAT», remarque Mme Savoie. Elle ajoute que les contenus créés pour le dôme de la SAT – la satosphère, ce théâtre immersif de 18 mètres de diamètre – peuvent être présentés dans les casques de réalité virtuelle, et vice versa.

Monique Savoie croit que l’immersion sera le médium du 21e siècle. Les ingrédients nécessaires pour y arriver? Créer avec les «outils d’aujourd’hui: les ordinateurs, tout ce qui est capteur numérique, caméra vidéo», avance Luc Courchesne; mettre de l’avant l’interaction afin que le spectateur ne soit plus passif; et utiliser les réseaux en connectant les dispositifs les uns aux autres. «Et là, ce qui manque, c’est le talent. Est-ce que les gens vont s’y essayer? C’est ça, la mission que SAT s’est donnée: intéresser les gens qui ont du talent à utiliser ces outils pour en faire quelque chose qui en vaille la peine», conclut M. Courchesne.

Symposium IX 2015
Société des arts technologiques
Du 20 au 24 mai

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