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Girard défend sa baisse d’impôt et accuse les médias d’être critiques

Le ministre des Finances, Eric Girard.

Le ministre des Finances, Eric Girard.

«Les gens dans les cafés ou dans les marchés que je rencontre, ils me félicitent [de la baisse d’impôt], ce n’est que dans les journaux qu’on la critique», estime le ministre des Finances du Québec, Eric Girard. Celui-ci s’exprimait devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) vendredi.

«Aux dernières élections, il y avait trois partis qui ont eu entre 60 et 70% des voix et qui proposaient des baisses d’impôt», s’est justifié le ministre de la Coalition avenir Québec (CAQ). Pour lui, les électeurs manifestent leur soutien à cette mesure.

Dans son budget, le ministre Girard baisse le taux d’imposition des deux premières tranches de revenus, une mesure qui rapporte davantage aux plus riches qu’aux plus précaires. Cette baisse de revenus coûtera 9 G$ au Québec sur cinq ans, et ralentira la résorption de la dette publique.

Une critique de plusieurs milieux

Si le président de la CCMM a félicité le ministre des Finances d’avoir tenu la promesse électorale des baisses d’impôt, la Ville de Montréal et divers organismes se sont montrés davantage critiques.

Mercredi, la mairesse de Montréal avait affirmé qu’avec la somme dépensée dans cette baisse d’impôts, 9 G$, Québec aurait pu construire 50 000 logements sociaux en cinq ans. Le gouvernement provincial ne prévoit que 1500 nouveaux logements abordables, dont 500 avec l’aide du secteur privé, en plus de financer 3300 logements sociaux déjà planifiés.

Même constat du côté du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU,) qui accuse Québec de s’être désengagé du logement et avance également que la somme consacrée à cette baisse équivaut à la construction de 50 000 logements sociaux sur cinq ans.

Une manifestation du FRAPRU se tenait d’ailleurs à l’extérieur de la conférence. L’organisme voulait montrer son mécontentement au ministre et demandait la construction, au plus vite, de nouveaux logements sociaux, sans intervention du secteur privé. L’abandon d’AccèsLogis, seul organisme qui finançait du logement social et communautaire, est décrié par le FRAPRU ainsi que par la totalité du conseil municipal de Montréal.

«Les milliers de ménages locataires au Québec mal-logés, qui vivent dans un logement qui accapare 50%, voire 80% de leur revenu, et qui subissent continuellement les conséquences de la spéculation n’ont pas le luxe d’attendre», estime le FRAPRU, par communiqué. L’organisme demande que Québec relance le programme Accès Logis.

«Le gouvernement Legault prive les coffres de l’État des montants nécessaires pour soutenir les personnes vulnérables face à la hausse du coût de la vie, au redressement des services publics et au financement de la lutte aux changements climatiques», dénonce de son côté l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.

Girard défend son budget

La baisse d’impôt n’est pas réellement une privation pour d’autres domaines de dépenses, d’après le ministre Girard, car le gouvernement Legault pioche dans le Fonds des générations pour financer celle-ci. Il a ainsi expliqué que le seul impact sur les finances publiques de cette nouvelle dépense serait l’allongement de dix à quinze ans du temps nécessaire pour ramener la dette publique à 28% du PIB québécois, contre 38% aujourd’hui.

Devant la CCMM, M. Girard a longuement insisté sur le fait que cette mesure touche 90% des ménages qui gagnent moins de 100 000$ par année. «Cela va encourager l’effort de travail, car plus vous travaillez et gagnez beaucoup, plus vous économisez», s’est-il félicité, rappelant que le Québec est l’état le plus taxé en Amérique du Nord.

D’après Eric Girard, une autre baisse d’impôt n’interviendra pas avant 2027-2028 et le retour à l’équilibre budgétaire. Une taxe sur l’immatriculation, une taxe kilométrique, une taxe sur les cylindres, des péages ou une taxe sur la masse salariale pour les entreprises n’ont pas été écartés par le ministre des Finances afin de subventionner le transport collectif, M. Girard assurant qu’il s’agira d’une réflexion collective et qu’il n’y a pas d’urgence.

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