Quelques dizaines d’immigrants travailleront jusqu’à un an dans quatre grandes entreprises québécoises grâce à un projet d’intégration présenté hier par la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec.
«On doit arrêter de les accueillir et de dire seulement ‘‘bonne chance’’», a déclaré le maire de Montréal, Denis Coderre, ajoutant que le développement économique de la métropole passe selon lui par une meilleure intégration des nouveaux arrivants.
Afin de valoriser l’inclusion des immigrants au marché du travail, les entreprises Hydro-Québec, SNC-Lavalin, Intact Assurance et Desjardins offriront chacune une expérience de travail rémunérée à plus d’une dizaine d’immigrants pendant une période allant de 30 semaines à un an. Ces entreprises ont été approchées par la Ville de Montréal dans le cadre du projet pilote Intégration-Travail-Formation, qui est soutenu financièrement par le gouvernement du Québec.
Le ministre de l’Emploi, François Blais, a précisé qu’il s’agit d’un «projet parmi d’autres», citant le programme Interconnexion de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) ainsi que le Programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME).
«La participation du plus grand nombre de personnes au marché du travail est nécessaire pour faire face au plus grand défi de l’heure.» -François Blais, ministre québécois de l’Emploi, faisant référence au vieillissement de la population.
La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, a soutenu que les changements démographiques actuels «frappent Montréal, mais aussi tout le Québec. On a besoin des immigrants.»
Afin de faciliter l’insertion professionnelle des immigrants, le ministère de l’Immigration s’efforce de réaliser «une sélection plus ciblée des immigrants par région», a ajouté Mme Weil.
«On le sait. On n’en a pas assez, d’ingénieurs. On doit en faire diplômer plus», a quant à elle affirmé la vice-présidente directrice aux ressources humaines de la multinationale SNC-Lavalin, Marie-Claude Dumas.
Les PME moins équipées
Interpellée par Métro, la conseillère en gestion des ressources humaines pour le réseau d’aide à l’entrepreneuriat PME MTL Est-de-l’Île, Véronique Perreault, affirme que «certains gestionnaires de PME n’ont pas les outils pour gérer la diversité» bien que la situation soit en voie de s’améliorer.
«Je n’ai pas l’impression que les organismes sont engagées de près ou de loin dans ce projet», déplore le directeur général de l’organisme Clef pour l’intégration au travail des immigrants (CITIM), Yann Hairaud. «Il y a parfois une tendance à fonctionner en vase clos», ajoute-t-il.
