Montréal

L’ADDICQ demande un site d’injection supervisée au plus vite

Des militants qui défendent les droits des personnes sous l’emprise des drogues ont profité de la Journée internationale des usagers de drogue pour revenir à la charge et demander que des services d’injection supervisée (SIS) soient implantés au plus vite à Montréal.

L’Association pour la défense des droits et l’inclusion des personnes qui consomment des drogues du Québec (ADDICQ) a voulu donner l’heure juste sur les SIS que les gouvernements sont réticents à approuver. Dans un document rendu public jeudi, elle avance, entre autres, que les SIS n’encouragent pas les utilisateurs de drogue injectable (UDI) de consommer davantage et ils ne nuisent pas la sécurité d’un quartier.

«[Les SIS] n’augmentent pas la criminalité dans un quartier parce qu’ils seront implantés là où il y a des besoins, a précisé la porte-parole de l’ADDICQ, Alexandra de Kiewit. Il y aura moins de seringues à la traîne et on va voir moins de personnes s’injecter en public.»

Qui plus est, la présence des SIS n’attire pas les vendeurs de drogue puisqu’ils n’y sont pas tolérés, affirme l’ADDICQ. Les règles dans les SIS sont les mêmes que celles qui sont observées dans les centres d’accès au matériel stérile.

L’ADDICQ espère que les SIS seront situés dans des organismes communautaires et non dans des établissements de santé comme le souhaite le maire de Montréal, Gérald Tremblay. «Les UDI ne sont pas portés à aller dans les hôpitaux puisqu’ils y sont jugés, a fait savoir Mme de Kiewit. Les SIS et les organismes communautaires sont les endroits où ils peuvent avoir un sourire.»

Dans le rapport portant sur l’étude de faisabilité sur l’implantation d’une offre régionale de SIS à Montréal, publié en il y a environ un an, la Direction de la santé publique de Montréal proposait de créer un réseau de SIS et de mettre sur pied une unité mobile. Elle ciblait quatre secteurs prioritaires, soit ceux couverts par les CSSS Jeanne-Mance, Lucielle-Teasdale, du Sud-Ouest-Verdun et de la Montagne. Elle indiquait que les SIS étaient essentiels puisque les UDI sont grandement touchés par les infections au VIH et le virus de l’hépatite C, en plus d’être de plus en plus victimes de surdose de drogue (72 personnes sont mortes intoxiquées contre 51 en 2005).

L’ADDICQ n’a pas été en mesure d’évaluer le nombre d’UDI qui auraient recours à un service de SIS à Montréal. À l’heure actuelle, de 100 à 200 UDI se rendent quotidiennement dans les locaux de Cactus Montréal, qui distribue des seringues stériles.

«Les personnes visées par les SIS sont les consommateurs les plus marginalisés, ceux qui sont le plus à risque de faire des overdoses et d’attraper le VIH ou l’hépatite C, a rapporté le responsable de l’organisation communautaires et des communications de Cactus Montréal, Jean-François Mary. Ils n’ont souvent pas d’autres recours que de consommer dans l’espace public. Un SIS leur permettrait de consommer en présence de personnel médical dans un contexte de salubrité.»

Les projets de SIS

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