Montréal

La valeur marchande de l'île Charron remise en question

Le terrain de l’île Charron, acheté par le promoteur Luc Poirier en 2006 au coût de 6 M$, fait l’objet de tant de contraintes et son développement domiciliaire coûterait si cher que la rentabilisation du projet avancé est loin d’être acquise, selon une étude publiée hier par le Forum Urba 2015 de l’UQAM.

Forte de ces conclusions, la Coalition pour la protection de l’île Charron a demandé à Investissement Luc Poirier «d’agir en citoyen responsable» et d’accepter de vendre son terrain au gouvernement du Québec pour une somme «raisonnable». Le terrain est sous le coup d’une réserve foncière qui empêche tout développement jusqu’au 29 octobre.

Selon Luc Poirier, le terrain qu’il possède sur l’île Charron vaut aujourd’hui près de 100 M$. Il exigerait du gouvernement environ 37 M$ afin de lui céder le terrain. La coalition rejette cette demande, jugée extravagante.

«Les contraintes liées à la présence de 10 hectares de milieux humides et les coûts liés au développement du site relatifs aux infrastructures, à l’aménagement, à la mise en place des services collectifs, sans compter les impacts sur le transport et sur l’environnement doivent être pris en compte dans la négociation pour l’achat du terrain par le gouvernement du Québec. Ce terrain est loin de la valeur prétendue par le propriétaire», ont affirmé les membres de la Coalition, dont font partie le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal et Nature Québec.

La directrice du Forum Urba 2015, Florence Junca-Adenot, a indiqué que les coûts fixes liés aux nouvelles infrastructures nécessaires au développement du site devraient osciller entre 28 M$ et 37 M$. De plus, des coûts annuels récurrents minimaux de 947 000 $ devraient être pris en compte.
Mme Junca-Adenot a également rappelé que le règlement de zonage ne permettait pas de construire plus de 640 unités de logement sur le terrain acheté par le promoteur Luc Poirier. Ce dernier prévoit pourtant y construire 2 500 unités.

«Il est impossible de penser construire 2 500 unités près d’un aussi petit parc puisque cela ne permettrait pas de créer une zone tampon, a expliqué le directeur général de Nature Québec, Christian Simard. Il semble que l’évaluation marchande du terrain ait été faite en fonction du projet du promoteur, mais il faut tenir compte de bien plus, dont les milieux humides qui rendraient non constructibles près de 6 hectares sur les 13 hectares prévus pour du développement domiciliaire.»

La Coalition pour la protection de l’île Charron évalue ainsi que le terrain payé 6 M$ en 2006 devrait pouvoir être racheté par le gouvernement au même prix, moyennant une actualisation.

«On ne peut pas demander 37 M$ pour un terrain payé 6 M$ il y a cinq ans, a dénoncé Christian Simard. C’est un rendement de l’ordre de la spéculation.»

Il n’a pas été possible de savoir, hier, où en étaient les négociations entre le gouvernement et Luc Poirier.

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