Montréal

Les autorités montréalaises tolèrent les tricots-graffitis

Le tricot-graffiti, cet art du tricot fait pour recouvrir le mobilier urbain, est apparu il y a quelques années à Montréal. Si les œuvres surprennent les passants, elles laissent aussi perplexes les autorités, qui hésitent à qualifier d’«illégal» cet art de rue.

L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie est le théâtre des créations d’adeptes du graffiti de laine, mieux connu sous le nom de Yarn Bombing. À l’angle des rues Beaubien et Boyer, on retrouve notamment un vélo tricoté, accroché à un poteau municipal.

«Nous ne voyons aucun problème à ce que des artistes prennent ce type d’initiatives sans demander la permission. Nous tolérons le tricot urbain tant qu’il ne met personne en danger», déclare Serge Fortin, chargé de communication pour l’arrondissement. Selon lui, ces œuvres sont «éphémères» et «n’abîment pas le mobilier urbain», contrairement aux graffitis. De plus, M. Fortin admet apprécier leur «qualité artistique».

Peu importe la valeur artistique, un tricot-graffiteur, qui recouvre un mobilier public sans accord commet un acte illégal, déclare Laurent Gingras, porte-parole au Service de police de la ville de Montréal (SPVM). «S’il n’y a pas de plainte et que le tricot ne nuit pas au bon fonctionnement, il peut être toléré», nuance-t-il.

«C’est du cas par cas, poursuit M. Gingras, si une personne se met à tricoter un feu de circulation ou un panneau de signalisation, il faudra intervenir».

L’artiste derrière le «vélo tricoté», qui a préféré préserver l’anonymat, salue l’ouverture de l’arrondissement. «La tolérance devrait toujours primer, l’espace public appartient à tout le monde», affirme celui qui a produit une vingtaine de tricots-graffitis dans le quartier.

Le collectif les Ville-Laines est connu pour avoir recouvert des lampadaires sur la rue Saint-Denis cet été, dans le cadre d’un partenariat avec la Société de développement commercial de l’artère. Selon le groupe, il est aussi important que le tricot-grafifiti se déroule, parfois, dans un cadre illégal, surtout s’il vise à provoquer une réflexion ou à dénoncer une situation. «Lorsque nous produisons des œuvres avec une organisation, nous ne sommes jamais complètement libres», souligne l’une des membres. Du même souffle, elle ajoute que son groupe prévoit prochainement un «vandalisme doux» sur l’échangeur Turcot.

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