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FSC, la meilleure certification qui existe à ce jour

La certification qu’a créée le Forest Stewardship Council (FSC) assure aux consommateurs que les produits de bois et de papier qu’ils achètent proviennent de forêts exploi­tées de façon responsable. Les groupes environnementaux sont catégoriques : c’est la meilleure certification qui existe jusqu’à maintenant.

Créée en 1993, la certification FSC vise à assurer un aménagement durable des forêts. Elle s’appuie pour ce faire sur 10 critères qui touchent, entre autres, l’ex­ploitation responsable des forêts, la préservation des écosystèmes ainsi que le respect des communautés environnantes.

Au Canada, près de 30 % des forêts (plus de 40 millions d’hectares) sont homologuées FSC. Des ex­ploitants forestiers ont ainsi obtenu une certification selon la région où est situé l’espace vert sur lequel ils travaillent. Il existe trois normes canadiennes FSC : la norme boréale, celle de la Colombie-Britannique et celle des Maritimes. «Cette certification s’adap­te aux différents écosystèmes parce que la réalité sur le terrain change selon les forêts, indique le responsable de la campagne Forêts boréales de Greenpeace, Nicolas Mainville. C’est l’une de ses forces.»

Pour obtenir la certification FSC, les exploitants forestiers doivent se prêter à un long processus d’enquête effectué non pas par FSC, mais par un tiers. «Il y a des études qui ont comparé les audits faits sur le terrain, et il en a résulté que l’enquête FSC durait en moyenne cinq fois plus longtemps que les autres. Le nombre d’auditeurs sur le terrain est en moyenne cinq fois plus élevé, et la moyenne de non-conformité est dix fois plus élevée pour la FSC que les autres», rapporte Josée Breton, porte-parole de Canopée, un organisme à but non lucratif qui encourage le grand public et les entreprises à choisir des produits de papier écologiques pour protéger les forêts.

Chaque année, une en­quête de suivi est réalisée pour garantir le respect des principes FSC dans les forêts certifiées. En plus des exploitants forestiers, des entreprises qui ont recours aux produits forestiers dans leurs affaires courantes ont aussi obtenu la certification FSC. Rona, Indigo et Victoria’s Secret, pour n’en nommer que quelques-uns, en font partie. Ces entreprises s’assurent que les fibres de bois ayant contribué à fabriquer leurs produits proviennent d’une forêt FSC et qu’elles n’ont pas été contaminées par des fibres non certifiées en cours de route. Différentes étiquettes FSC existent pour différencier la composition des papiers puis­que des fibres recyclées – les plus écologiques d’entre tou­tes – peuvent être ajoutées au mélange de pâte de papier.

Puisque les consommateurs recherchent de plus en plus des produits verts, les entreprises répondent à une demande lorsqu’elles obtien­nent la certification FSC. «Elles se positionnent comme davantage respons­ables sur les plans environnemental et social», soutient Mme Breton.

Pour l’améliorer

Bien que la certification FSC soit la meil­leure selon les groupes environnementaux, elle doit être améliorée. «FSC ne répond pas à tout, précise le responsable de la campagne Forêts boréales de Greenpeace, Nicolas Mainville. Il faut demeurer vigilant en tant que consommateur.»

Elle devrait par exemple déterminer les forêts qui ne devraient pas être exploitées, selon ce dernier. «Cette question de la conservation et de la protection des forêts vierges est abordée très brièvement dans la certi­fi­cation FSC, mais c’est clair qu’on doit créer de grandes aires protégées, affirme-t-il. Greenpeace travaille d’ailleurs pour que certaines forêts ne soient pas du tout exploitées, qu’elles soient certifiées ou pas.»

La porte-parole de Canopée Josée Breton croit de son côté que la certifica­tion FSC devrait faire la distinction entre les forêts de deuxième géné-ration et les forêts vierges puisque, idéalement, ces dernières devraient être davantage protégées.

Par ailleurs, FSC est victime de son succès. De plus en plus d’hectares de forêts sont certifiés FSC au Canada, et les inspecteurs sont débordés devant l’ampleur de la tâche à accomplir, selon Nicolas Mainville. Ce dernier croit aussi que les exploitants forestiers ne devraient pas pouvoir choisir l’inspec­teur qui évaluera leur forêt.

La vice-présidente de FSC Canada, Maia Becker, est consciente que la certification FSC doit être constamment améliorée. «Nous révisons souvent les princi­pes et les critères en vertu desquels une certification est accordée afin qu’ils concordent avec les découvertes scientifiques et les besoins des communautés et des Premières Nations», a-t-elle mentionné. 

Un peu d’histoire
L’organisation à but non lucratif FSC a été mise sur pied à Toronto au lendemain du Sommet de la Terre, qui a eu lieu en 1992 au Brésil. «À l’époque, il y avait beaucoup d’inquiétude concernant la destruc­tion de la forêt tropicale, raconte la vice-présidente de FSC Canada, Maia Becker. Les groupes environnementaux fondaient beaucoup d’espoir sur cette première conféren­ce portant sur l’environnement qu’organisaient les Nations unies, mais les États ne sont pas parvenus à convenir de règles qui encadreraient l’exploitation forestière.»

L’année suivante, des groupes environnementaux – Fonds mondial pour la nature et Greenpeace – et sociaux ainsi que des représentants de l’industrie forestière et des Premières Nations ont déterminé les pre­­miers principes qui assu­­reraient un aménage­ment des forêts respectueux de l’en­vironne­ment et des communautés, en plus d’être économiquement viable. La certification FSC était née.

Dix principes

La certification FSC s’appuie sur 10 principes.

1. Respect des lois nationales et des traités internationaux signés par le pays

2. Non-ambiguïté de la propriété foncière et le droit d’usage des forêts

3. Respect des droits des peuples autochtones

4. Harmonie entre les communautés et les travailleurs forestiers

5. Utilisation efficace des produits et services forestiers

6. Préservation de la diversité biologique de l’écosystème

7. Rédaction, application et mise à jour d’un plan d’aménagement forestier

8. Suivi régulier de l’exploitation forestière

9. Maintien des forêts à haute valeur pour la conservation

10. Gestion de la plantation conforme aux aménagements des forêts naturelles

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