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Faire fi des préjugés

Geneviève, Sébastien, Maxime, Vanessa et Stéphanie ont un handicap. Lequel? Ça n’a aucune importance. Ce qui en a, c’est qu’ils aiment travailler. C’est grâce à des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées qu’ils réussissent à intégrer le marché du travail. Pour ces cinq Laurentiens, c’est Intégration-Travail Laurentides (ITL) qui leur à donné le coup de pouce dont ils avaient besoin. «Nous ne leur donnons pas du poisson, nous leur montrons à pêcher», illustre Michel Bélanger, qui y est conseiller en main-d’Å“uvre depuis maintenant 10 ans.

Il le dit d’emblée, la mission de son organisme est de briser les préjugés qui étiquettent ces personnes comme différentes en montrant qu’elles sont un atout dans un milieu de travail. Son ambition : faire en sorte que chaque entreprise de la région embauche des personnes handicapées. «Les employeurs font de plus en plus confiance au potentiel des personnes handicapées. Ils voient moins leurs inaptitudes, et davantage leurs compétences. La main-d’oeuvre handicapée est sous-estimée, on a intérêt à la mettre en valeur. C’est une longue marche, mais on a le sentiment d’avancer», dit-il.

Qu’on ait un handicap ou non, qu’on soit diplômé ou non, l’éventail des emplois à combler varie selon les régions. «Le taux de chômage a un impact partout. Ça touche Monsieur et Madame-Tout-le-Monde», affirme le conseiller en main-d’Å“uvre. Les emplois disponibles pour une personne handicapée sont aussi variés que leurs compétences. «Certains sont doués pour le service à la clientèle, d’autres pour être préposés aux bénéficiares. Il y en a qui veulent être gestionnaires, d’autres le meilleur des plongeurs», ajoute-t-il.

Vanessa, qui a 21 ans, travaille depuis 4 ans au Metro de Sainte-Adèle comme commis d’épicerie. «Ils [ITL] m’ont aidée à me trouver un emploi que j’aime», confie-t-elle timidement. Sébastien, quant à lui, suit une formation aux adultes pour terminer son secondaire 5, ce qui l’aidera dans sa recherche d’emploi. «Je veux travailler dans le milieu artistique, peut-être au cinéma. Je n’aime pas la routine. Je veux de l’action», dit-il avec assurance. Et Geneviève? Elle est maintenant en recherche d’emploi et c’est ITL qui l’accompagne dans son cheminement.

Martin Goeffroy, copropriétaire de la Pharmacie Uniprix de Sainte-Adèle, emploie Stéphanie depuis plusieurs années. «Elle s’occupe d’une section sur le plancher. Elle s’assure, entre autres, de la disponibilité des produits, puis les place sur les étagères;  elle veille à ce qu’il ne manque de rien», explique M. Geoffroy.

Les effets bénéfiques d’employer une personne handicapée ne se mesurent pas en fonction de la rentabilité de l’entreprise. C’est plutôt le côté humain qui prime. «Voir tout le bien que ça lui  fait, c’est valorisant. Ça me suffit.» La femme de 37 ans abonde dans le même sens : «Ça m’a beaucoup dégênée de travailler là. Je vais plus vers les gens maintenant.»

Stéphanie est aussi populaire auprès des clients. «Certains demandent pour elle ou s’inquiète si elle n’est pas là.» «Ils deviennent l’âme de la place, renchérit Michel Bélanger. Ils ont toujours travaillé deux fois plus fort que tout le monde pour atteindre les mêmes buts. Alors, imaginez comment ils peuvent travailler fort!»

Témoignage: Fier et autonome
Maxime a la trisomie 21. Quand il était tout petit, ses parents se sont juré que lorqu’il aurait 21 ans, il serait le plus autonome possible et pourrait quitter le nid familial. À 14 ans, comme beaucoup d’adolescents de son âge, il avait un boulot estival. «Il a travaillé au Village du père Noël à Val-David et dans des restaurants, et même à la SPCA », raconte Stéphane, le père de Maxime. Depuis février, le jeune homme vit avec un coloc dans un appartement supervisé. «C’est dans le sous-sol d’une maison, mais les per­sonnes qui vivent au-dessus ne viennent pas dans l’appartement, elles ne sont là que pour aider s’il y a quoi que ce soit», explique Stéphane.

En ce moment, Maxime travaille à l’entretien ménager au Tim Hor­tons de Sainte-Adèle. «Je passe la moppe, je m’occupe des vidanges, je fais du ménage», dit-il fièrement.

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