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La diversité: un fait accompli, même sans immigration

Bien qu’il y ait autant de parcours que de travailleurs communautaires, on trouve, parmi eux plusieurs travailleurs sociaux, des psychologues et des diplômés en administration, par exemple.

La diversité est maintenant une réalité incontestable et ne peut aller qu’en augmentant même si on arrêtait aujourd’hui toute immigration. Le Québec est d’ores et déjà une société résolument pluraliste.

L’an dernier (2017), Statistique Canada a publié des projections de la population selon divers indicateurs de diversité de 2011 à 2036. Pour les besoins de la présente discussion, nous allons examiner le scénario «zéro immigration», c’est-à-dire qu’entre 2011 et 2036, le Canada et le Québec n’accepteraient aucun immigrant. Déjà, on peut dire qu’un tel scénario n’est pas réaliste dans la mesure où, d’une part, il est entré plusieurs milliers d’immigrants depuis 2011 et, d’autre part, il est évident que les niveaux d’immigration demeureront encore élevés pour quelques années encore.

Néanmoins, que serait-il arrivé si on avait bloqué toute immigration depuis 2011? Évidemment, avec un tel scénario, le pourcentage de la population immigrante diminuerait, mais très faiblement, passant de 13% en 2011 à 12% en 2036 pour l’ensemble du Québec. Pour le Montréal métropolitain, on passerait de 23 à 20%. Par contre, tous les autres indicateurs de diversité continueraient à augmenter. Par exemple, si on combine le pourcentage d’immigrants avec ceux de la 2e génération, on passe de 22 à 24% pour le Québec et de 38 à 41% pour le Montréal métropolitain. Il en va de même pour la part des minorités visibles dans la population du Québec (de 11 à 16%) et du grand Montréal (de 20 à 27%). Enfin, l’évolution de la diversité religieuse va dans le même sens, même si l’augmentation des groupes non chrétiens est faible: de 6 à 7% entre 2011 et 2036 pour le Québec et de 11 à 12% pour le Montréal métropolitain.

La diversification de la population du Québec n’est pas un phénomène récent, elle est en marche depuis les années 1980. Néanmoins, ce qui importe aujourd’hui, c’est de constater que la diversité fait d’ores et déjà partie intégrante de la société et qu’elle est là pour durer.

Diminuer l’immigration, voire même l’arrêter, ne changerait rien au fait que le Québec n’est plus ce qu’il était, c’est-à-dire homogène, et qu’il n’est plus possible de revenir en arrière. Toutes les discussions actuelles sur les niveaux d’immigration occultent le fait que c’est maintenant qu’il faut se préoccuper de l’intégration.

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