La scène de jeudi midi contrastait avec celle de mercredi. Si Edward Burkhardt a été accueilli avec des injures, la première ministre Pauline Marois, accompagnée de la mairesse Colette Roy-Laroche, a été reçue sous les applaudissements lors de sa deuxième visite à Lac-Mégantic.
En voyant la première ministre passée devant chez elle, Françoise Roy l’a applaudi spontanément. «Sa présence est appréciée. La tragédie nous dépasse», raconte la citoyenne qui a été évacuée pendant près de deux jours et demi. Elle a été hébergée chez sa sœur durant cette période.
Les applaudissements ont rapidement attiré l’attention de Pauline Marois, qui est allée saluer personnellement la citoyenne. «Je ne m’attendais pas à ce qu’elle vienne vers nous. Je lui ai serré la main. Elle est très humaine. Une femme qui a des enfants, c’est protecteur et on le ressent chez elle. Ça m’a touché», ajoute la dame.
Bien malgré elle, Françoise Roy, qui demeure à cet endroit depuis deux ans, a été aux premières loges du tragique accident. «Je voyais ça d’ici. Je me croyais dans une zone de guerre. Le feu était en haut du clocher. Je me demandais ce qui se passait. J’ai été 24 heures sans dormir. J’ai vu le champignon qui ressemblait à une bombe atomique», se souvient-elle.
Et maintenant, elle souhaite aspirer à une vie normale. «Ça serait bien de pouvoir retourner au travail, mais en attendant, j’ai un toit, quelque chose dans mon frigo et j’ai une famille», avoue-t-elle sereinement.
Une deuxième visite attendue
Pour Pauline Marois, il était important de se rendre à nouveau là où s’est joué le drame, et ce, pour différentes raisons. «Pour redire aux citoyens que nous sommes à leurs côtés. Pour leur dire que nous sommes solidaires et que nous sympathisons. Deuxièmement, pour que je puisse constater comment les intervenants, tant la Sûreté du Québec que le gouvernement, s’organisent. Comme je m’y attendais, le travail est bien fait. Au bout, l’important c’est que les citoyens aient accès aux meilleurs services», a-t-elle indiqué.
Si elle avait déjà commenté le comportement du président de Railworld, Edward Burkhardt, elle a avoué qu’elle trouvait déplorable son attitude. «Ce chef d’entreprise aurait dû être ici dès le début et être capable de mieux communiquer. Pour le reste, il assumera ses responsabilités», a-t-il déclaré.
Par sa présence, la première ministre souhaitait également partager avec autorités municipales les informations reliées aux fonds financiers qui sont débloqués. En résumé, une somme de 60M$ a été rendue disponible, mercredi, au terme d’un Conseil des ministres, afin d’aider les personnes, les entreprises et la municipalité, notamment pour la reconstruction des infrastructures. Le gouvernement verra à remplacer les revenus fonciers pour deux ans, en plus de payer les infrastructures. «On veut que les gens souffrent le moins possible», dit Mme Marois.
Dès lundi, un groupe d’aide et d’information sera mis en place pour les municipalités et les citoyens. «Ce sera un endroit où les gens pourront être dirigés vers les bons endroits», explique Pauline Marois. Les familles touchées recevront aussi une compensation financière non remboursable de 1 000$ et d’autres formes d’aide seront offertes. «Elles pourront atteindre jusqu’à 200 000$ pour les logements et biens meubles», mentionne-t-elle.