Alors que l’on attend toujours le programme électoral complet et le cadre financier des libéraux, Pauline Marois a promis dimanche de poursuivre le développement du réseau des groupes de médecine familiale. Quant à Mario Dumont, il a fait son… mea-culpa.
Mario Dumont a fait son mea-culpa pour ne pas avoir été
capable d’offrir aux Québécois "l’opposition officielle du tonnerre"
qu’ils attendaient.
Du même souffle, le chef de l’Action
démocratique du Québec (ADQ) a demandé aux électeurs de passer l’éponge
et de lui accorder une deuxième chance.
"Est-ce que moi-même
j’ai pu faire des erreurs? La réponse est oui (…) J’assume totalement
la responsabilité pour les choses qui n’ont pas marché et pour les
déceptions que les Québécois ont pu avoir", a dit M. Dumont, se
méritant une ovation.
Pour M. Dumont, l’impatience manifestée
par son équipe à vouloir changer les choses doublée de son inexpérience
parlementaire ont été à la source de nombreux déboires de l’Action
démocratique.
Quoi qu’il en soit, "tout cela est dernière nous" et "la flamme reste allumée", a voulu rassurer le chef de l’ADQ.
Les
députés adéquistes ont appris de leur erreurs et ont pris du galon,
a-t-il argué, citant en exemple ses députés les mieux cotés: le
porte-parole en santé Eric Caire et le leader parlementaire Sébastien
Proulx.
Un médecin pour chaque Québécois
Le Parti québécois entend investir 135 millions $ sur trois ans afin de poursuivre le développement du réseau des groupes de médecine familiale, un projet amorcé il y a six ans alors qu’il formait le gouvernement.
En ajoutant 150 GMF aux 178 qui existent actuellement, le PQ s’engage à ce que chaque personne ait accès à un médecin de famille d’ici cinq ans, a indiqué la chef péquiste Pauline Marois lors d’une conférence de presse.
"Si nos citoyens sont suivis efficacement, ils seront moins nombreux à se retrouver à l’urgence ou, bien sûr, à attendre aussi pour une opération", a déclaré Mme Marois.
Les libéraux ont exprimé leur surprise devant les engagements de Mme Marois. Le candidat du parti dans Jean-Talon, Yves Bolduc, a rappelé qu’en 2003, seulement 17 groupes de médecine de famille avaient été mis en place par le gouvernement péquiste, alors qu’aujourd’hui on en compte près de 180. "Si le PQ peut promettre que tous les Québécois auront accès à un médecin de famille dans cinq ans, c’est parce que notre gouvernement a posé les gestes qu’il fallait, notamment en haussant les inscriptions en médecine à 775 places cette année."
Par ailleurs, Mme Marois a affirmé qu’elle n’avait pas souhaité la vague de départs à la retraite qui a désorganisé le réseau de santé, il y a dix ans, mais elle ne regrette pas cette décision. "Bonne ou mauvaise décision, moi je n’aurais pas souhaité qu’on fasse ça. Ca ne me faisait pas plaisir parce que je les ai gérés les deux réseaux (de santé et d’éducation) et je peux vous dire que je trouvais ça rough pas mal."
Elle a cependant déclaré qu’après coup elle était "contente" parce qu’elle a pu investir en éducation et en santé grâce au retour à l’équilibre budgétaire. "A un moment donné, il y a des décisions qu’on doit prendre qui exigent du courage et je crois qu’on l’a prise avec l’ensemble de la société québécoise. Et si c’était à refaire, je le referais. Mais je ne souhaite pas avoir à le refaire."
Ces propos ont fait bondir Jean Charest. "Je pense que beaucoup de Québécois vont tomber en bas de leur chaise aujourd’hui", a-t-il dit, lors d’un point de presse.
"Je n’en croyais pas mes oreilles qu’elle dise une affaire comme ça", a ajouté le chef libéral, qui aime répéter depuis le début de la campagne que "ça prend 10 minutes pour mettre un médecin à la retraite et 10 ans pour en former un".
Québec solidaire a aussi présenté ses engagements en matière de santé. Le parti de gauche souhaite améliorer l’accessibilité au système de santé public en augmentant le nombre de lits dans les hôpitaux par rapport au nombre d’habitants ainsi que le nombre de médecins et d’infirmières.
Les propositions comprennent l’ajout de 400 nouveaux médecins en deux ans, notamment en facilitant l’intégration des médecins étrangers. Pour ce faire, QS propose de consacrer l’argent prévu aux augmentations salariales, comme les 950 millions $ aux médecins spécialistes, à la formation de nouveaux médecins et à l’accompagnement des médecins étrangers.
Par ailleurs, QS propose de faire passer à 5 pour cent du budget de la santé, la proportion octroyée en prévention, c’est-à-dire aux soins de première ligne dans les CLSC et dans les soins à domicile. L’une des porte-parole du parti, Françoise David, a dit que les CLSC devraient concentrer leurs efforts pour faire de la prévention auprès de la population qu’ils desservent, particulièrement auprès des plus démunis.
Plus tard le programme
Le chef libéral Jean Charest a refusé de préciser quand sa plateforme _ qui regroupera tous ses engagements pour un troisième mandat _ sera rendue publique. Quant au cadre financier, il s’est engagé à le faire connaître d’ici le 25 novembre, mais sans donner de date plus précise.
"Ca va se faire dans l’ordre, a dit M. Charest, en conférence de presse, à Val-D’Or. Ce sera rendu public durant la campagne. Je ne veux pas tout vous donner la même journée."
Il a présenté quelques engagements dans le secteur minier, comme un soutien accru à l’exploration minière et l’installation à Val-D’Or du futur Institut national des mines, ajoutant que son Plan Nord inclurait un volet minier, tout en restant vague quant à ses applications.
Mais au terme de cette tournée dans les régions les plus touchées par la crise forestière, M. Charest n’aura pas visité une seule usine de transformation du bois, ni serré la main d’un seul travailleur du secteur.
Interrogé à ce propos, il a dit qu’il le faisait "à l’année longue".