David Suzuki n’a pas été tendre envers le Canada et particulièrement envers le premier ministre Stephen Harper, hier.
En marge du lancement de son livre Suzuki : Le guide vert, l’écologiste de renom s’est dit embarrassé par les résultats du Canada en matière de lutte aux changements climatiques et a prédit que le successeur de George W. Bush aux États-Unis ferait mal paraître le pays.
«Je crois que, peu importe qui sera élu aux élections américaines, le nouveau président ridiculisera le Canada, a déclaré David Suzuki. Sous l’administration Bush, le Canada avait la chance de devenir un leader en environnement en Amérique du Nord, mais on a tout gâché avec un gouvernement qui est le plus antienvironnement qu’on ait jamais connu.»
L’espoir américain
Convaincu que Barack Obama, s’il est élu ce soir, demandera à Al Gore d’être son conseiller dans le dossier de l’environnement, David Suzuki entrevoit de grandes choses pour nos voisins du sud.
«Obama a dit qu’il voulait une nouvelle stratégie énergétique plus verte qui créerait cinq millions d’emplois. Al Gore, de son côté, veut que les États-Unis utilisent uniquement de l’électricité provenant de sources d’énergies renouvelables d’ici 10 ans, a expliqué M. Suzuki. Si George W. Bush peut trouver 700 G$ en une nuit pour sauver des banques, imaginez ce que les États-Unis pourraient faire s’ils mettaient 100 G$ dans leur programme d’énergies renouvelables.»
L’exemple québécois
Même s’il s’est dit «embarrassé» par le peu de progrès réalisé au Canada sur le plan de l’environnement, David Suzuki a tenu à souligner les bonnes performances du Québec dans la lutte aux changements climatiques.
«Je crois que nous pouvons apprendre beaucoup en observant ce qui se fait au Québec, a-t-il indiqué. Entre 1990 et 1996, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de seulement 1,6 % au Québec alors qu’au Canada, on faisait face à des augmentations astronomiques. Il faut qu’on comprenne ce que le Québec fait que le reste du Canada ne fait pas.»
