Le Parti québécois (PQ) a présenté ce matin une motion sur l’économie afin d’empêcher la tenue d’élections cet automne.
«J’invite le premier ministre à s’occuper d’abord des intérêts des Québécois avant de penser à ses intérêts à lui», a lancé d’entrée de jeu Pauline Marois en point de presse, avant d’affirmer que son parti était prêt à collaborer. Le vote sur cette motion doit avoir lieu en après-midi aujourd’hui. Cette motion, même adoptée, ne fera toutefois pas tomber le gouvernement, mais viserait plutôt à tester la volonté du gouvernement Charest.
Le PQ, comme l’ADQ, ne souhaite pas voir le gouvernement Charest lancer une campagne électorale dans les prochaines semaines. Les deux partis affirment qu’il serait irresponsable pour le gouvernement de déclencher des élections en ces temps d’incertitude et de crise économique.
«Pendant que tous les États dans le monde se préparent à la crise financière, proposent des plans, M. Charest, lui, se prépare à une autre élection», a déploré la chef péquiste. «Je crois qu’il n’est pas justifié d’aller en élections maintenant», a-t-elle ajouté.
Mme Marois a par ailleurs rejeté l’idée de former une coalition avec l’ADQ. «Ce n’est pas beaucoup dans nos traditions, je ne crois pas qu’à ce moment-ci ce soit la voie à suivre», a-t-elle affirmé, soulignant que les deux partis pouvaient travailler ensemble dans l’opposition, mais qu’ils avaient cependant des points de vue différents sur certaines questions sociales et sur l’avenir du Québec.
Questionnée sur sa volonté de collaborer avec le gouvernement Charest pour faire face à la crise, la chef du PQ s’est montrée prête à collaborer, mais a du même souffle condamné l’attitude du gouvernement. «On est prêt à débattre d’un plan, en autant qu’il y en ait un», a-t-elle noté.
Pauline Marois a également dénoncé la décision du premier ministre d’annuler sa présence à la mission économique en Chine. Plusieurs membres du milieu des affaires sont également déçus de cette décision et de l’absence de ministres reliés au domaine économique, a-t-elle fait valoir.
Quant à lui,
le chef adéquiste, Mario Dumont, qui votera en faveur de la motion, a
dit en matinée que la journée serait cruciale pour tenter d’éviter de
plonger le Québec en élections.