Mettre fin au financement public des écoles privées permettrait au gouvernement du Québec d’économiser 86 M$, selon les conclusions d’une étude réalisée par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), et présentée hier en marge de la Semaine pour l’école publique.
Basée sur les statistiques du réseau de l’éducation de l’Ontario, qui ne subventionne pas les écoles privées, l’étude du chercheur Jean-François Landry a conclu que les économies de l’allocation de base se chiffreraient à 402 M$.
Un réinvestissement de 316 M$ dans le réseau public serait ensuite nécessaire afin de pallier le retour annoncé de 50 % des élèves du privé au public, permettant du coup une économie de 86 M$.
«Il est temps de laisser le privé être ce qu’il prétend être : privé, a déclaré Pierre Saint-Germain, président de la FAE. Permettre le développement du privé avec l’aide du gouvernement, c’est condamner le public à être un réseau de seconde zone.»
La Fédération des établissements d’enseignement privés du Québec conteste toutefois l’évaluation de la FAE, jugeant que la proportion d’élèves qui devraient migrer vers le public risque d’être plus élevée que 50 % advenant le retrait des subventions gouvernementales. Selon elle, les investissements de Québec dans le réseau public devront alors être supérieurs à 316 M$.
Retrait graduel
Selon les souhaits de la FAE, l’abolition du financement du privé se ferait sur cinq ans afin de permettre au réseau public d’absorber les élèves du réseau privé dont les parents n’auraient plus les moyens de payer les frais de scolarité.
Au ministère de l’Éducation, on affirme qu’aucun changement n’est prévu dans ce dossier.