Les médicaments anticancéreux mis sur le marché au cours des cinq dernières années ne sont que très peu disponibles au pays, selon une étude menée au Royaume-Uni. Le Canada se classe ainsi au 13e rang, sur 14 pays, en terme d’utilisation de ces nouveaux remèdes. «J’ai été surpris par ces résultats, a admis le Dr Kong Khoo, vice-président de la Coalition Action Cancer du Canada (CACC). Le fait que chaque province et chaque territoire ait sa propre réglementation explique en partie la situation.»
«Il faut aussi considérer l’étendue de la couverture des médicaments, a précisé Christelle Legault, porte-parole de Santé Canada. Il faut savoir si le produit est offert au Canada, s’il fait partie des plans publics de remboursement, dans quelle mesure les médecins utilisent cette nouvelle médication.» Les montants exigés aux patients pour ces anticancéreux pourraient aussi nuire à l’utilisation de nouveaux traitements, souvent plus dispendieux.
Au Québec, les médicaments qui sont reconnus par Santé Canada sont remboursés par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Les traitements expérimentaux ne sont, eux, jamais pris en charge par celle-ci. Dans les autres provinces, les patients doivent parfois se tourner vers leurs propres assurances privées afin d’assumer les frais liés à leurs traitements. Pour rétablir l’équilibre, la CACC, la Société canadienne du cancer et le Réseau canadien de lutte contre le cancer ont demandé à Ottawa de créer un régime national de couverture des médicaments onéreux.