D’autres pays du G8 ont élaboré des stratégies nationales en matière de transport en commun, mais, au Canada, le transport en commun fait l’objet d’une approche fragmentée qui, selon les maires de nombreuses grandes villes, conduit à une mauvaise planification et à des dépenses inefficaces. Le Canada a-t-il besoin d’une stratégie nationale de transport en commun et, si oui, quelle forme doit-elle prendre?
Michael Ignatieff (Parti libéral)
Un gouvernement libéral travaillera avec d’autres paliers de gouvernement et le secteur privé pour mettre sur pied une stratégie canadienne de transport et d’infrastructures. À une époque de déficits budgétaires sans précédent et de déficits en ce qui concerne les infrastructures, il est nécessaire d’avoir une vision claire et de faire des choix difficiles. Les priorités libérales en matière d’infrastructures comprendront :
- Le transport en commun local et régional, le transport rapide et des réseaux ferroviaires de banlieue qui contribueront à réduire les émissions de gaz à effet de serre;
- Le transport par rail à grande vitesse dans des régions où des points de jonction entre les grands centres urbains présenteront des avantages au plan écologique, amélioreront la mobilité et réduiront l’engorgement des routes.
Gilles Duceppe (Bloc québécois)
Le Bloc québécois est favorable aux discussions à l’échelle canadienne pour mettre au point un cadre permettant l’élaboration de politiques compatibles en matière de transport en commun. Cependant, de telles discussions ne doivent pas servir de prétexte au gouvernement fédéral pour s’ingérer dans les champs de compétence du Québec, dédoublant de ce fait les politiques et les dépenses tout en complexifiant la législation.
Stephen Harper (Parti conservateur)
Dans le cadre du Plan d’action économique et du plan Chantiers Canada, notre gouvernement a fait des investissements historiques dans les infrastructures partout au pays. Au cours des deux dernières années seulement, nous avons travaillé avec nos partenaires des paliers municipal et provincial à plus de 28 500 projets, dont beaucoup étaient reliés au transport. S’il est réélu, le gouvernement de Stephen Harper continuera à soutenir les différentes communautés canadiennes selon leurs besoins spécifiques. Nous avons mis en place un crédit d’impôt pour encourager les Canadiens à utiliser le transport en commun, ce qui a permis de réduire la circulation automobile dans plusieurs centres urbains. Nous continuerons à investir de façon importante dans le transport dans les centres urbains du Canada.
Jack Layton (Nouveau Parti démocratique)
C’est vrai que le Canada est le seul pays de l’OCDE à ne pas avoir de stratégie nationale de transport en commun. Le NPD déposera une loi sur la stratégie pancanadienne en matière de transport en commun. Celle-ci aura pour but de mettre en place un financement permanent, stable et fiable du transport en commun, et instaurer des mécanismes de vérification pour s’assurer que tous les gouvernements travaillent ensemble afin d’améliorer l’accès au transport en commun. Le NPD a promis de consacrer un cent supplémentaire de la taxe sur l’essence au financement du transport en commun dans les municipalités. Ce financement servira aussi à encourager l’utilisation du transport collectif en rendant non imposables les cartes d’abonnement remboursées par les employeurs.
Elizabeth May (Parti vert)
Le Parti vert du Canada est d’avis qu’il faut adopter une stratégie nationale de transport en commun qui renforce notre réseau ferroviaire et le transport en commun de manière à moderniser notre économie et à la rendre plus compétitive. Nous fournirons aux villes les ressources nécessaires pour créer des réseaux de transport public afin de réduire l’engorgement routier. Nous veillerons à ce que toutes les villes canadiennes soient reliées au réseau ferroviaire et créerons des couloirs de trains rapides entre les principales grandes villes.