Les publicitaires des partis politiques n’ont décidément pas réinventé la roue lorsqu’ils ont conçu les pancartes pour la présente campagne électorale. Habituellement, le designer et enseignant à la retraite de l’École de design de l’UQAM, Fréderic Metz, les déteste et sa position ne risque pas de changer cette année.
«Il n’y a aucune innovation. On se croit vraiment au début du siècle», peste le spécialiste de l’image à propos des pancartes qu’il a pu observer jusqu’à présent. Il croit que les partis politiques ne sont pas prêts à accepter l’originalité que pourrait leur servir les publicitaires pour vanter leurs idées.
Devant les pancartes de la présente campagne électorale, le designer doute de leur efficacité. Aucune étude n’a d’ailleurs démontré les gains que pouvaient espérer réaliser les partis politiques en placardant le pays.
Frédéric Metz a ainsi comparé celles du Parti libéral aux pancartes que plantent les agents immobiliers devant les maisons à vendre. L’idée de mettre un code QR (Quick Response) dans le coin inférieur droit est carrément ridicule selon lui. «Il faut être à dix ou quinze centimètres pour pouvoir photographier ce truc et accéder au site internet, dit-il. Je me vois mal monter dans une échelle avec mon iPhone!»
Comme à son habitude, le Nouveau Parti démocratique reprend le vert et l’orange sur ses pancartes qui représentent en quelque sorte les valeurs que défend le parti. Leur slogan – Travailler ensemble – manque d’originalité, selon Frédéric Metz. Il aurait pu être utilisé par n’importe quel autre parti.
«Même si j’adore Gilles Duceppe, je dois admettre que son slogan est nul, ajoute le designer. Ça fait "Parlons Q". S’il voulait dire Québec, il fallait mettre le C de la même grandeur que le Q.»
Quant à la pancarte du Parti conservateur, du moins celle qui était présentée dans son site internet, l’enseignant à la retraite la juge «très forte» avec le gros lettrage blanc sur fond bleu royal.
Le Parti vert ne semble pas avoir commencé à installer ses pancartes, mais le designer est très optimiste. «C’est le seul qui est avant-gardiste», dit-il.
Les pancartes électorales dénuées de design intéressant n’est pas l’apanage du Québec ou même du Canada, d’après Frédéric Metz. «C’est mondial, rapporte-t-il. Au moins ici, on est encore calme. On utilise les mitraillettes pour les spots publicitaires, mais pour ce qui est du statique, on ne fait pas d’affiches dans lesquelles on attaque quelque chose. Ce sont encore seulement des pancartes pour souligner le parti et savoir pour qui voter.»