FREDERICTON – Le ravisseur Roméo Jacques Cormier, reconnu coupable l’été dernier d’avoir kidnappé une femme et de l’avoir agressée sexuellement dans son logement de Moncton pendant près d’un mois, sollicite un appel car il estime avoir été mal représenté par ses avocats lors de son procès.
Le sexagénaire s’est présenté seul mardi à la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick, à Fredericton. Il espère que le verdict de culpabilité et la peine de 18 ans d’emprisonnement soient renversés par le plus haut tribunal de la province.
Roméo Jacques Cormier reproche au juge de première instance, Zoël Dionne, d’avoir donné l’impression aux jurés que ses propres témoignages ne devraient pas être crus.
Il a dit croire que le juge avait erré en parlant d’un crime «horrible». Il a fait valoir qu’un tel qualificatif devrait être réservé à des crimes concernant des enfants, de la torture ou des meurtres multiples.
«Il n’était pas nécessaire d’utiliser ce mot et le juge n’avait pas besoin de le dire quatre fois», a argué Cormier.
Le procureur de la Couronne Cameron Gunn a rétorqué ne pas voir comment décrire autrement «26 jours de captivité au cours desquels ont été commis des agressions sexuelles répétées».
Cormier s’est vu infliger sa peine en août dernier après qu’un jury l’eut trouvé coupable d’enlèvement, de séquestration, d’agression sexuelle, d’agression armée, de vol et d’avoir proféré des menaces de mort.
La femme âgée dans la mi-cinquantaine, dont l’identité a été protégée par une ordonnance de non publication, a affirmé devant le tribunal que Roméo Jacques Cormier l’avait kidnappée à la pointe d’un couteau le 26 février 2010, à l’extérieur du centre commercial de Moncton où elle travaillait.
La victime a affirmé durant le procès avoir été anéantie par ces événements.
Cormier a dit en Cour d’appel que ses avocats n’avaient pas adéquatement défendu ses intérêts dans la sélection du jury et permis à des gens qui l’avaient rencontré dans des bars du secteur de Moncton de devenir jurés.
Il a aussi soutenu que ses avocats n’avaient pas posé plusieurs des questions qu’il aurait voulu soumettre aux témoins.
Cormier a décrit sa sentence comme «une punition sévère et inhabituelle dans un tel cas (de témoignages contradictoires)».
En Cour, il agitait les bras en consultant des piles de notes, et faisait des commentaires sur des jurés, des témoins et les avocats. La juge Margaret Larlee lui a demandé de s’en tenir à des articles de loi plutôt que de s’attaquer aux gens impliqués dans le procès.
La Couronne a rejeté ces arguments, affirmant que les avocats de Cormier avaient offert une défense compétente et que le juge avait pris en compte tous les éléments appropriés dans le prononcé de la sentence de 18 ans de prison.
«Je ne m’attends pas à de la magie ou à un quelconque miracle ici aujourd’hui», a exprimé Cormier devant la Cour d’appel. «Je veux seulement que la loi soit adéquatement appliquée dans ma cause.»
La Cour d’appel doit rendre son verdict par écrit dans les trois à six prochains mois.
Lors des observations sur la peine, la procureure de la Couronne, Annie Saint-Jacques, avait recommandé au tribunal une peine de prison à perpétuité et la désignation de Cormier comme délinquant dangereux. L’avocat de la défense avait quant à lui recommandé de 10 à 12 ans de prison.