TORONTO – Le gouvernement fédéral ne joue pas son rôle de leader dans la lutte contre les changements climatiques, tandis que les provinces tentent de remédier au problème avec leurs propres initiatives.
Ce sont là les conclusions émergeant du rapport «All Over the Map 2012», déposé mercredi par la Fondation David Suzuki.
Les provinces et territoires y sont catégorisés en fonction de leurs politiques sur les changements climatiques, et des recommandations y sont faites en vue d’une éventuelle amélioration de leur performance.
L’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique occupent le haut rang de cette liste, avec de «très bonnes» politiques mettant l’accent sur l’énergie propre, alors que les performances de l’Alberta et de la Saskatchewan sont perçues comme les «pires» au pays.
Le rapport démontre clairement l’importance des actions entreprises par les gouvernements provinciaux, à l’heure où Ottawa ne fait que très peu d’efforts au chapitre de réduction des émissions de gaz à effet de serre, a fait valoir un expert en changements climatiques et énergie propre de la Fondation, Ian Bruce.
Il a ajouté que le Canada pourrait être un leader mondial si le gouvernement fédéral devenait un joueur important dans le dossier. Ottawa a toutefois préféré miser sur l’exploitation des combustibles fossiles, et a raté des occasions d’investir dans des sources d’énergie innovatrices et propres, a déploré M. Bruce.
Cette publication survient alors que le ministre fédéral de l’Environnement, Peter Kent, a dévoilé un nouveau rapport montrant que les émissions de gaz à effet de serre sont demeurées stables en 2010 et ce, malgré une croissance économique, suggérant par la même occasion que la reprise ne s’était pas faite aux dépens de l’environnement.
Le ministre Kent a aussi soutenu qu’Ottawa travaillait en étroite collaboration avec les provinces et territoires, après avoir été questionné sur les critiques à l’égard du gouvernement fédéral dans ses relations avec les provinces.
«Nous agissons dans les secteurs où nous avons l’autorité pour le faire, comme les transports et l’industrie de l’automobile», a-t-il mentionné.
La Fondation David Suzuki rejette toutefois cet argument en plaidant que la majeure partie des problèmes d’émissions de gaz à effet de serre peut être réglée avec des politiques fédéral et provinciales.
Le Québec a été identifié comme l’une des provinces au premier rang de la lutte contre le réchauffement climatique, mais le rapport souligne que les intentions du gouvernement d’étendre ses activités de prospections pétrolières et gazières ternissait son blason.