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Commerce accentué entre le Canada et le Chili

Jennifer Ditchburn - La Presse Canadienne

SANTIAGO, Chili – Le premier ministre Stephen Harper espère qu’un des amis les plus solides du Canada en Amérique latine lui ouvrira les portes d’une nouvelle zone de libre-échange.

Le Partenariat transpacifique comptait parmi les sujets les plus importants dont devaient discuter lundi M. Harper et le président chilien Sebastian Pinera, un homme à la chevelure argentée que les Canadiens connaissent surtout pour sa gestion de la crise des mineurs coincés sous terre en 2010.

M. Harper a été accueilli par une garde militaire d’honneur au palais présidentiel, La Moneda. Il a ensuite visité un monument à la mémoire d’un des fondateurs du Chili, où il a déposé une gerbe de fleurs pendant que des soldats hissaient les drapeaux chilien et canadien.

Le Canada entretient des liens étroits avec le Chili et les Chiliens depuis des décennies. Dans les années 1970, de nombreux Chiliens cherchant à fuir la dictature d’Augusto Pinochet s’étaient réfugiés au Canada. Puis, il y a 15 ans, le premier ministre Jean Chrétien avait signé avec le Chili le premier pacte de libre-échange à être conclu dans la région.

Le gouvernement conservateur veut maintenant donner plus d’ampleur à cette entente, pour y ajouter des éléments comme les achats et les services gouvernementaux. Le Canada est déjà le pays qui investit le plus dans le secteur minier chilien.

Mais au-delà de cette seule entente bilatérale, le Canada espère pouvoir se joindre au Partenariat transpacifique, un espace commercial qui réunirait des pays des deux côtés du Pacifique. Cet accord de libre-échange régional concerne neuf pays des Amériques, de l’Asie et de l’Océanie, dont le Chili.

Les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande s’opposent toutefois à la candidature du Canada en raison du système canadien de gestion de l’offre et de la demande qui protège les produits laitiers, les oeufs et les éleveurs de volaille. Le gouvernement canadien se dit prêt à discuter de cette question, mais uniquement après avoir été admis à la table des négociations.

Le Chili et le Pérou sont de leur côté favorables à la participation du Canada.

C’est au Chili, il y a cinq ans, que M. Harper avait annoncé sa Stratégie des Amériques, une politique qui visait une implication plus étroite auprès des autres pays de l’hémisphère. Son gouvernement cherche maintenant à revigorer cette stratégie, qui est dénoncée — même au sein du ministère des Affaires étrangères — pour son manque de ressources et d’orientation.

Robert Funk, un politologue de l’université du Chili qui étudie les relations entre les deux pays, souligne que le Canada a quelque peu laissé le Chili de côté au cours des dernières années. Il rappelle que la société chilienne se méfie de longue date des États-Unis, un élément dont le Canada pourrait tirer profit en jouant le rôle du «bon gringo».

Pourtant, l’arrivée de M. Harper est passée inaperçue de la presse locale.

«À une certaine époque, au début des années 1990, la promotion des échanges commerciaux s’accompagnait de la promotion de la démocratie, quand les pays d’Amérique latine traversaient une transition démocratique, a dit M. Funk. Maintenant que c’est terminé au Chili et ailleurs, on dirait que le Canada n’a plus d’idées à offrir.»

M. Funk croit que le Canada pourrait aider le Chili à améliorer ses relations avec différents secteurs de sa population, au moment où le pays cherche à adopter une vision plus diversifiée de la société civile.

Lundi, le Canada a annoncé une contribution de 3,8 millions $ sur cinq ans pour un centre de formation à l’intention des jeunes autochtones dans les îles Chiloé, au large du Chili.

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