FREDERICTON – Frederick Mwenengabo était affaibli, mais satisfait, samedi, après avoir mis un terme à une grève de la faim de 48 jours afin de persuader le gouvernement fédéral de mener des discussions pour la paix et la justice en République démocratique du Congo (RDC).
Le Néo-Brunswickois de Fredericton a mis fin à son jeûne après que le gouvernement canadien se soit engagé à discuter avec le gouvernement congolais sur la question des droits humains.
Il a aussi dit qu’Ottawa lui avait promis d’utiliser le sommet de la Francophonie, qui se déroulera en octobre en RDC, comme une plateforme afin d’exprimer ses inquiétudes.
Au 38e jour de sa grève, l’homme avait été transporté à l’hôpital après s’être effondré. Il avait néanmoins refusé toute forme de traitement ou de nourriture.
«Ça a été une période très, très difficile», a laissé tomber M. Mwenengabo, la voix faible, lors d’une entrevue qu’il a donnée depuis l’hôpital régional Dr. Everett Chalmers, où il reprendra graduellement une alimentation normale au cours des prochains jours.
«J’étais néanmoins déterminé à mener la lutte jusqu’à mon dernier souffle s’il le fallait, si je n’obtenais pas une réponse positive.»
M. Mwenengabo a dit que sa grève lui avait causé des douleurs à tout le corps et de fréquents maux de tête.
L’homme de 36 ans s’est dit satisfait des promesses gouvernementales.
«Je ne célèbre pas une victoire, mais plutôt l’espoir que cette décision puisse mener à des gestes concrets afin de sauver les vies de pauvres Congolais», a-t-il déclaré.
«La défense des droits humains ne se fait pas en une journée seulement. Ça se réalise tous les jours, surtout dans un pays comme la RDC.»
M. Mwenengabo a également demandé au gouvernement fédéral de mener un boycott du sommet de la Francophonie si le Congo ne mène pas une enquête sur les abus contre les droits humains.
Il souhaite aussi que le Canada formule une demande aux Nations Unies afin qu’une journée internationale de commémoration soit observée en mémoire des Congolais qui sont décédés pendant les guerres de la dernière décennie.
Andréa Richer, la porte-parole du ministre responsable de la Francophonie, Bernard Valcourt, a indiqué que le Canada avait déjà discuté des questions des droits humains et de la démocratie au Congo lors de rencontres des pays de la Francophonie.
Dans un courriel, elle a écrit que le Canada avait l’intention de continuer à discuter des problématiques qui préoccupent M. Mwenengabo.
«Le ministre Valcourt travaillera avec le ministre (John) Baird afin de préparer une visite à Kinshasa et de faire part des sérieuses inquiétudes qu’entretient le Canada à propos de ces questions.»
M. Mwenengabo est arrivé à Fredericton en 2009, de la RDC. Il a déjà fait des grèves de la faim, mais elles n’avaient jamais dépassé quatre ou cinq jours.