MONTRÉAL – L’ancienne société mère d’Air Canada a été accusée, mercredi, de trahir les travailleurs en distribuant des millions de dollars à ses actionnaires alors qu’elle liquide ses activités.
Des centaines de manifestants sont venus au centre-ville de Montréal appuyer les syndiqués qui travaillaient chez Aveos, à l’occasion de l’assemblée des actionnaires de Gestion ACE Aviation. L’ancienne société mère d’Air Canada a obtenu l’approbation de ses actionnaires pour liquider ses actifs.
Les manifestants, dont plusieurs travailleurs de l’aéronautique ayant récemment perdu leur emploi, ont été rejoints par un certain nombre d’étudiants devant le Musée des beaux-arts de Montréal. La circulation a été bloquée sur la rue Sherbrooke.
Les employés en grogne de l’entreprise d’entretien d’avions insolvable Aveos ont dénoncé tant Air Canada que le gouvernement fédéral pour avoir laissé mourir leur ancien employeur. Ils accusent le gouvernement Harper d’avoir été de mèche avec Air Canada dans le non-respect de la loi, qui oblige que du travail de maintenance soit effectué au pays.
Ils ont aussi porté leur colère contre l’ancien chef de la direction du transporteur Robert Milton, qui a récolté des millions de dollars en fractionnant Air Canada en plusieurs entités, incluant Aveos.
Le leader syndical Maxime Dolci a critiqué le gouvernement et une série de dirigeants successifs d’Air Canada, incluant l’actuel chef de la direction, Calin Rovinescu. «Ils sont responsables du cauchemar que nous vivons présentement», a soutenu l’ancien employé d’Aveos et vice-président de la section locale.
Les manifestants ont été soutenus par le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, qui ont dénoncé une attitude de laisser-aller d’Ottawa face à Aveos.
«Le silence du fédéral, ça sent le complot, ça sent l’abandon, ça sent la trahison», a lancé avec un porte-voix le député néo-démocrate montréalais Alexandre Boulerice.
«Le gouvernement doit appuyer un peu plus, pour empêcher de perdre cet avantage que nous avons dans le monde», a poursuivi le chef du Bloc, Daniel Paillé.
Gestion ACE Aviation avait été créée il y a quelques années pour renflouer Air Canada en vendant des actifs. La récente fermeture d’Aveos a provoqué la perte de 1800 emplois à l’atelier d’entretien principal à Montréal.
Les représentants syndicaux imputent cette fermeture au délestage des services d’entretien d’avions effectué par Air Canada et ACE Aviation il y a quelques années.
ACE avait interdit l’accès des médias à son assemblée annuelle. Dans un communiqué, l’entreprise a confirmé que les actionnaires avaient adopté une «résolution spéciale prévoyant la liquidation volontaire d’ACE». La société a dit prévoir verser à ses actionnaires une première distribution de 250 à 300 millions $ au cours des prochaines semaines.
«Afin de permettre l’extinction ou le règlement de toutes les dettes éventuelles restantes, la dernière distribution n’aura pas lieu avant le milieu de 2013», a-t-on indiqué.
Les principaux actifs d’ACE sont constitués de 351 millions $ en espèces ou formes équivalentes, 31 millions d’actions à droit de vote de classe B d’Air Canada (TSX:AC.B), et des options pour acquérir des actions d’Air Canada.
Lors de l’assemblée, les actionnaires ont aussi adopté une résolution permettant que la totalité des actions à droit de vote variable de catégorie A et des actions à droit de vote de catégorie B d’ACE soient converties en une nouvelle catégorie d’actions ordinaires.
ACE a vendu l’essentiel de ses actifs, notamment l’entreprise désormais connue sous le nom de Chorus Aviation (TSX:CHR.B) et l’exploitant des programmes de fidélisation Aeroplan, Aimia (TSX:AIM).