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Électeurs handicapés: des difficultés subsistent

Michelle McQuigge - La Presse Canadienne

Les récents efforts d’Élections Canada pour rendre les bureaux de vote plus accessibles aux électeurs handicapés de partout au pays ont permis de faire du chemin, mais des difficultés subsistent.

Le coordonnateur national du Conseil des Canadiens avec déficiences, James Hick, reconnaît qu’Élections Canada a fait de l’accessibilité une priorité évidente dans les 18 derniers mois. Il y a maintenant des options et des services qui n’ont pas toujours existé.

«Est-ce parfait? Non. C’est assurément beaucoup mieux que ça l’a déjà été.»

Divers aspects du vote pour les handicapés ont été critiqués au cours des années, mais un incident en particulier a poussé Élections Canada à réviser ses procédures après avoir été réprimandé, en 2010, par le Tribunal canadien des droits de la personne.

Un homme de Toronto qui marchait à l’aide d’un déambulateur avait dû glisser un escalier sur les fesses pour réussir à entrer dans son bureau de scrutin lors d’une élection partielle. À l’intérieur, les lieux étaient trop étroits pour accueillir des citoyens se déplaçant avec du matériel d’aide à la mobilité. Lorsqu’une élection générale a été déclenchée, quelques mois plus tard, le même bureau de vote était encore utilisé.

Le tribunal a donc conclu que l’expérience de cet homme était le symptôme d’une lacune plus large. Il avait ordonné à Élections Canada de cesser de compter sur des bureaux de vote qui n’offraient pas un accès universel et de réviser ses pratiques.

L’agence canadienne a donc mis sur pied un comité formé de groupes de défense des handicapés qui a évalué le processus de vote, du début à la fin. Ainsi, Élections Canada a pu compléter l’évaluation des 25 000 bureaux de vote du pays et les a classés selon une liste de 35 critères d’accessibilité.

La carte de l’électeur de 2015 présentera un légende qui indiquera si la succursale est universellement accessible, ou non, et le site Web d’Élections Canada a maintenant une section qui détaille le résultat de chaque bureau sur les 35 critères évalués.

Les électeurs malvoyants auront par ailleurs accès à des loupes et des écrans plus lumineux, ainsi qu’aux ressources déjà disponibles comme les listes de candidats en braille et des gabarits qui permettent théoriquement à une personne de remplir elle-même son propre bulletin.

Il y a cependant un écueil, selon le défenseur des droits des handicapés David Lepofsky. Les personnes malvoyantes devront encore demander l’aide d’un voyant pour s’assurer que le bulletin est bien aligné avec le gabarit.

«La capacité de marquer le bulletin a plusieurs composantes: remplir de façon indépendante son propre bulletin en privé, et être en mesure de vérifier qu’on l’a bien rempli. Mais rien en ce moment ne permet cela», regrette-t-il.

La solution pour lui serait qu’Élections Canada permette enfin aux électeurs de voter en ligne, comme le font déjà plus de 40 municipalités. La porte-parole de l’organisme fédéral, Diane Benson, affirme toutefois qu’un tel projet n’est pas présentement considéré, étant donné les défis de sécurité et de logistique qu’il présente.

La réponse est la même pour des machines de vote qui lisent le bulletin aux électeurs aveugles.

La technologie pourrait toutefois jouer un plus grand rôle dans les prochaines améliorations qu’apportera Élections Canada.

«Nous avançons comme la société avance aussi, et le plus de progrès il y a, plus nous serons capables d’en tirer avantage», a dit Mme Benson.

Une option disponible pour les handicapés est de voter par la poste, ou de demander la visite à domicile d’employés d’Élections Canada.

Il faut toutefois prendre de l’avance pour bénéficier de ces services, tout comme les interprètes pour les malentendants.

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