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De quoi parlent (vraiment) les partis politiques

Quelles sont les priorités des différents partis? De quoi parlent-ils et, surtout, de quoi ne parlent-ils pas? Pour trouver les réponses, Métro a analysé plus de 400 000 mots tirés des sites web des formations politiques. Voici leurs sujets de prédilection, tout comme les sujets qu’ils évitent, volontairement ou non.

Choisissez un thème puis un mot-clé. Si vous êtes sur mobile, pivotez votre appareil dans le sens de la largeur.

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Le Bloc québécois

[Les +] Le pétrole est manifestement un enjeu très important pour le Bloc, qui soutient que le transport d’hydrocarbures de l’Ouest du Canada apporte bien peu au Québec, tout en augmentant les risques de catastrophe environnementale. C’est aussi le Bloc qui parle le plus de culture et du secteur agricole.

[Les -] Un clivage fort existe entre les sujets abordés par le Bloc et les autres partis. «Croissance», «tech­nologie», «retraite» sont par exemple des mots très peu utilisés par le Bloc, comparativement aux autres partis. Autre fait intéressant à mentionner: aucun des trois grands partis ne semble être inquiété par Gilles Ducep­pe, puisqu’aucun d’entre eux ne parle de lui.

Le Nouveau Parti démocratique

[Les +] Les néo-démocrates sont ceux qui parlent le plus de santé, et de loin. En plus d’emploi et d’investissement, le NPD traite également très souvent de changements climatiques et d’environnement. Ce sont aussi eux qui s’expriment le plus au sujet des réfugiés et des autochtones.

[Les –] Ne cherchez pas les mots «pipeline», «oléoduc» et «sables bitumineux» dans les publications du NPD. Vous aurez du mal à les trouver. Les néo-démocrates parlent également très peu des Forces armées canadiennes et du groupe terroriste État islamique.

Le Parti conservateur

[Les +] «Famille», «emploi» et «impôt» sont sans surprise les mots repris le plus souvent par les conservateurs. Le parti répète que les baisses d’impôts permettent aux familles d’avoir plus d’argent, tout en dynamisant l’économie. «Sécurité», «terrorisme» et «criminel» ne sont pas très loin du podium. C’est le Parti conservateur qui parle le plus des enfants et des aînés.

[Les –] Les conservateurs sont bien peu bavards sur les questions touchant le réchauffement climatique, l’effet de serre et les sables bitumineux. «Premières Nations» et «autochtones» sont également des termes très peu présents dans leurs publications officielles.

Le Parti libéral

[Les +] Le top 3 des mots les plus utilisés par les libéraux va comme suit: «investissement», «économie» et «classe moyenne». Le parti promet d’investir massivement dans les infrastructures et d’aider la classe moyenne, quitte à faire des déficits. C’est aussi le Parti libéral qui traite le plus souvent d’exportations et de Toronto.

[Les –] Les libéraux sont ceux qui utilisent le moins souvent le terme «femme» (même si les conservateurs les talonnent sur ce point). Et alors que les conservateurs et les néo-démocrates promettent d’aider le secteur manufacturier, le Parti libéral n’en parle quasiment jamais.

Le Parti vert

[Les +] «Investissement», «santé» et «environnement» forment le trio de tête du Parti vert. «Réchauffement climatique», «logement» et «Premières Nations» ne sont pas loin derrière. Les verts sont également ceux qui parlent le plus d’opérations de maintien de la paix à l’international, et des étudiants.

[Les –] Sur le plan des enjeux économiques du Canada, le Parti vert est en retrait sur bien des sujets. Par exemple, alors que «assurance-emploi», «retraite», «déficit», «impôt» sont des termes récurrents dans les discours des autres partis, les verts n’en parlent pas ou peu.

Niqab: un cas particulier

D’après notre analyse, les partis parlent très rarement du niqab sur leur site web, contrairement aux médias. «Les partis sont pris avec ce thème-là et le manipulent avec beaucoup de soin et, à vrai dire, le moins possible, pense Jacques Beauchemin, professeur en sociologie politique à l’UQAM. Les partis ne veulent pas se faire dire que leurs positions anti-niqab sont xénophobes.» «C’est comme si la presse s’était emballée et emparée du sujet comme s’il était vierge de toute intention politique, ajoute Isabelle Gusse, directrice du programme en communication, politique et société à l’UQAM. Ça montre aussi de quel point l’électorat est volatile et est parfois plus dirigé par ses émotions que par la raison.»

Et Montréal?

Sans surprise, c’est le Bloc québécois qui parle le plus souvent de Montréal. Le Parti libéral arrive en deuxième position. Justin Trudeau, candidat sortant de la circonscription de Papineau, a fait de nombreuses déclarations dans la métropole.

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Méthode: comment avons-nous fait?

Nous nous sommes inspirés des techniques de recherche de Dominic Forest, professeur des sciences de l’information à l’Université de Montréal, qui étudie lui aussi les discours politiques de la présente campagne et publie ses résultats sur le site Les mots de la campagne. «Sur les sites web, on a l’essence même de ce que veulent projeter les partis, indique le chercheur. Ça n’a pas été repris. Ça n’a pas été interprété.» À l’aide d’un programme informatique codé par nos soins, nous avons extrait tout le contenu textuel des sites web des cinq principaux partis (plateformes, communiqués de presse, blogues, documents d’information, etc.) pour tous les documents publiés à partir du premier jour de la présente campagne électorale, soit le 2 août 2015. Notre programme a également sélectionné environ 140 mots-clés et a calculé des ratios par 10 000 mots pour comparer les discours des partis entre eux. Toutes les données ont été mises à jour le lundi 12 octobre 2015.

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