La vie a bien changé pour P!nk depuis son quatrième album, I’m Not Dead, sorti en 2006. Avec Funhouse, la chanteuse américaine signe cette fois une espèce de foire. Elle y fait sa propre thérapie après son divorce, l’an dernier, d’avec la star du motocross Carey Hart. P!nk en a gros sur le cÅ“ur et n’hésite pas à mettre ses émotions à nu, le tout à travers des sonorités plus funk, soul et électro, et quelques ballades à grande voix.
Mais la chanteuse est toujours une fille énergique, comme nous avons pu le constater lors de notre récente rencontre avec elle.
Funhouse semble être un album très personnel. C’est une sorte de thérapie?
Absolument. Tu sais, je ne pense qu’à moi et moi-même lorsque j’écris des chansons! [Rires] Sur le dernier album, je me suis laissée aller à parler d’autres personnes, mais au final, tous mes disques font office de thérapie. Pour moi, mais aussi pour les gens qui m’écoutent, car je reçois des tonnes de lettres, sans parler des rencontres en tournée. La raison principale pour laquelle les gens m’écoutent, c’est que je suis une grande gueule qui dit toujours la vérité. Ils
adorent ça!
La chanson Sober évoque la dépendance. Ça fait quoi de tout balancer en public?
C’est l’une des chansons qui me rend le plus mal à l’aise. Je suppose que je l’ai faite en connaissance de cause. L’alcoolisme, c’est un truc que j’ai pu observer dans ma famille. J’ai aussi des amis qui sont accros à une relation qui les détruit. Moi, j’ai pris pas mal de drogue dans ma jeunesse. Cette chanson, c’est ma façon d’admettre mes dépendances.
C’est-à-dire?
Lorsque j’avais 13 ans, je passais inaperçue! Je n’avais pas peur de chanter en public, rien ne m’impressionnait… sauf danser. J’allais dans les clubs et je rêvais d’être aussi à l’aise que toutes ces filles… J’ai commencé à prendre de l’ecstasy pour me désinhiber, jusqu’au jour où j’ai réussi à m’en passer. Dans le clip qu’on vient de tourner, j’ai essayé de montrer les
différentes facettes d’une personne qui est accro. Lorsque tu bois, que tu prends de la drogue, tu développes une version extrême de ta personnalité. Et puis le lendemain matin, tu t’aperçois que tu es complètement paumé, très, très loin de ta vraie personnalité.
Tu abordes ton divorce en long et en large sur l’album, et pourtant ton ex-mari apparaît dans le clip de Funhouse. Comment est-ce possible?
C’est génial de sa part d’avoir accepté. C’est un mec bien. Il m’a dit : «Tu es dingue, mais je t’aime toujours. À quelle heure dois-je me pointer sur le tournage, enfoirée?» Et moi, je lui ai répondu : «À 10 h, connard!»
Concernant le son de ton album, on y discerne plusieurs influences soul non?
Je n’écoute pas de musique quand j’écris, mais quand je sais que je vais commencer à le faire, j’écoute tout sorte de musique. J’écoute parfois à la télé une émission appelée Oldies but Goodies qui présente la musique de Sam Cooke, Otis Redding, Annie Sexton et des choses du genre. J’aimerais faire un album complet de soul un jour.
Du genre Motown ou blues?
Plutôt blues. Un peu comme je fais ma reprise de Summertime, de Janis Joplin. Quelque chose du genre, juste gémir, créer, avec un band live où tout le monde joue en même temps. Je suis une criarde!
Tu approches de la trentaine. Est-ce que ça te fait peur?
Je viens juste d’avoir 29 ans, alors doucement! [Rires] Tu sais, tous mes amis sont plus vieux. Ils sont dans la trentaine, la quarantaine. Sérieusement, j’attends ça avec impatience. De toute façon, j’ai toujours eu l’impression d’avoir un millier d’années!
Funhouse
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