Avec sa performance remarquable dans C.R.A.Z.Y, de Jean-Marc Vallée, en 2005, Marc-André Grondin s’est doté d’une belle carte de visite. Depuis, l’acteur québécois a reçu plusieurs coups de fil de nos cousins français. Il a participé à plusieurs rencontres, a refusé certains rôles et en a accepté d’autres.
Voulant élargir son terrain de jeu, et les projets au Québec n’étant pas assez nombreux, le jeune homme essaie de faire de bons choix.
Le film Le premier jour du reste de ta vie, du réalisateur français Rémi Bezançon semble bien en être un. La saga familiale a fait plus de 1,2 million d’entrées en France et, après plus de 13 semaines, elle est toujours à l’affiche.
Dans Le premier jour du reste de ta vie, Marc-André Grondin campe le rôle de Raphaël, un adolescent qui a pour parents Marie-Jeanne (Zabou Breitman) et Robert (Jacques Gamblin), et pour frère et sÅ“ur, Albert (Pio Marmaï) et Fleur (Déborah François). Le film est un portrait de cette famille que l’on suit sur une douzaine d’années, à travers cinq journées particulières dont chaque membre est tour à tour le héros.
La prémisse n’est sans rappeler celle de C.R.A.Z.Y., mais le réalisateur et l’acteur insistent pour dire que les deux films n’ont rien en commun, si ce n’est le thème de la famille et Marc-André Grondin, qui a dû travailler son accent pour se fondre dans ce ménage français.
«Prendre l’accent français, ça n’a pas été si difficile, confie le jeune homme de 24 ans. Je suis resté en France pendant un mois et demi avec des chums à écouter leurs expressions, leur mélodie, leur rythme. Adopter un accent, c’est comme apprendre à marcher avec des talons hauts. Ça prend une couple de jours, et tu deviens à l’aise. La première fois où tu dois courir, il faut que tu te rappelles de ne pas faire ça de telle façon. Ce n’est pas essoufflant, mais ce n’est pas aussi confortable que des running shoes.»
La France ou le Québec?
Contrairement à ce que plusieurs personnes pourraient penser, Marc-André Grondin n’a pas fait de Paris son nouveau lieu de résidence.
Après le tournage d’un téléfilm français, du Premier jour du reste de la vie et du film Bouquet final, de Michel Delgado, l’an dernier, l’acteur est revenu à Montréal. Il participe présentement au tournage de 5150, rue des Ormes, un film québécois d’Éric Tessier, adapté du roman de Patrick Sénécal.
En discutant avec lui, on remarque d’ailleurs que son accent québécois est toujours intact. Est-ce que le cÅ“ur du Québécois balance entre l’Hexagone et sa patrie?
«Je n’ai pas le choix de voir ce qui se passe là-bas, parce qu’il n’y a pas grand-chose qui se tourne ici en ce moment, explique Grondin. Je vise mon bonheur personnel. Je suis très centré sur moi, même dans mon métier, dans le sens où je veux avoir du plaisir. Je veux me donner la chance d’avoir un choix en jouant aussi en France.»
Ainsi, Marc-André Grondin ne se met pas de barrière quant à sa carrière de comédien, qu’il mène au gré de ses instincts.
«Je suis jeune, j’ai le temps de voir où tout cela va me mener, souligne-t-il. Je veux continuer à faire ça tant que je le pourrai, mais si ça ne marche pas comme acteur, je ferai d’autres choses. Je n’ai pas un besoin viscéral de jouer. Pour moi, c’est un travail comme un autre. Ce n’est pas une psychanalyse. Il y en a qui ont besoin de vivre à travers leurs personnages pour exister. Moi, je n’ai pas besoin de ça. J’essaie de faire en sorte que ça dure en faisant de bons choix. Pour la suite, on verra.»
Le premier jour du reste de ta vie
En salle le 31 octobre