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Culture

K.Maro fait le grand saut

K.Maro tient à mettre les choses au clair : l’artiste hip-hop canadien le plus populaire de l’histoire, c’est lui.

Depuis son arrivée sur la scène musicale en 1997 avec la formation LMDS, le rappeur québécois a vendu deux millions d’albums dans le monde. Son premier opus solo, La Good Life, a été certifié disque d’or dans 10 pays (650 000 copies écoulées), alors que le simple Femme Like U s’est mérité le prix de la Chanson de l’année aux prestigieux NRJ Awards. Des statistiques qui ne mentent pas, mais dont le reste du Canada ignorait l’existence.

«J’entendais des mecs de Toronto, d’Ottawa, de Calgary et d’Edmonton se vanter qu’ils étaient les plus grands rappeurs du pays. Et je n’ai pas pu faire autrement que de dire, à un moment donné : « Hé ho! Je ne veux pas vous déranger, mais les plus gros chiffres de vente hip-hop au Canada, ils sont francophones. Ils viennent du Québec », note-t-il. On ne cherche pas à être chauvins. Je ne voulais pas manquer de respect envers qui que ce soit,  je voulais juste corriger le tir sur certains trucs.»

Le premier album en anglais de K.Maro, Perfect Stranger, est né de ce désir de remettre les pendules à l’heure. Réunissant 14 titres, la nouvelle galette de l’auteur-compositeur de 28 ans s’inscrit dans la tradition de ce que l’artiste originaire du Liban nous a offert jusqu’à présent : des refrains accrocheurs, des rythmes urbains et une atmosphère festive.

C’est dans les bureaux montréalais de K.Pone, sa propre étiquette de disques, que nous avons rencontré K.Maro, alias Cyril Kamar.

En quoi le K.Maro en anglais diffère-t-il de celui en français?
C’est moins «dans ta face». Ça ressemble à l’état d’esprit dans lequel j’étais avant de commencer l’album. Je ne me suis pas dit : «Attention, il nous faut un tube qui va nous permettre de passer à la radio.» Le CD comprend beaucoup moins de tubes à digérer rapidement comme [ceux que] j’ai pu faire avant. C’est plus mûr, plus réfléchi, je crois.

Avez-vous de grandes attentes par rapport ce nouvel album?
Moins que les précédents. Après avoir vendu 400 000 exemplaires de La Good Life en France, je suis entré dans une espèce de game où je me disais : «On va essayer de faire mieux avec le prochain. On doit se surpasser.» Ça a fait ressortir mon côté compétitif. Je me suis mis à dire des trucs comme : «Lui, il a vendu combien d’albums? Je veux faire mieux!» Aujourd’hui, je me suis calmé… mais ce serait faux de dire que je me fous des chiffres de vente, même si, avec cet album en anglais, sky is the limit. On ne sait jamais…

Écrire en anglais est-il aussi facile qu’écrire en français?
Je n’avais jamais composé en anglais avant cet album. J’ai remarqué que [dans cette langue], on peut rapidement tomber dans le cheesy. La marge de manÅ“uvre est plus petite qu’en français, où il existe plusieurs mots pour exprimer une seule idée.

En plus de votre album en anglais, vous avez lancé cet automne BALBEC, votre propre collection de vêtements. On connaît aussi votre goût pour les affaires. Craignez-vous que la musique finisse par disparaître de votre liste de priorités?
La musique, ce n’est jamais difficile d’y revenir, mais c’est facile de s’en éloigner. Au début de ma carrière, je m’étais imposé une certaine éthique. Chaque semaine, je me prévoyais des heures de studio entre les rencontres de business. Mais je me suis vite rendu compte que ça ne pouvait pas fonctionner comme ça.

P. Diddy jongle lui aussi avec la musique et les affaires. Est-il un modèle pour vous?
Tout à fait. J’ai eu une conversation à ce sujet avec lui un été à Saint-Tropez. Il m’a dit de ne pas m’en faire, que la musique allait revenir naturellement. C’est ce qui est arrivé.

Avez-vous dû changer certaines de vos habitudes?
Je me suis éloigné de plusieurs secteurs d’activité qui me tiraient un peu trop loin de la musique. Ce côté surexcité qui se pitche partout, je l’ai beaucoup moins qu’avant.

C’est l’âge qui change la donne?
C’est la maturité. On est peut-être un peu moins cons qu’il a quelques années!

Perfect Stranger
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