Six ans après nous avoir offert l’adaptation cinématographique de sa pièce, The Baroness and The Pig, l’homme de théâtre et acolyte de Robert Lepage Michael Mackenzie s’offre un retour au grand écran avec le film Adam’s Wall. Un long métrage d’espoir dans lequel l’amour triomphe, et ce, malgré plusieurs contraintes de la vie.
Tout d’abord, il y a un coup de foudre. En pleine manifestation étudiante, Adam, un adolescent juif, et Yasmine, une jeune libanaise, se rencontrent pour la première fois. Ensuite arrivent les oppositions. Un grand-père rabbin orthodoxe aux valeurs inamovibles et un père conservateur d’art et de ses croyances. Finalement, il y a Montréal. Une ville multiethnique et authentique, qui, avec sa grande ouverture et son vécu, réussit souvent à adoucir certaines situations.
«Ce film est littéralement un hommage à Montréal. J’ai toujours trouvé cette ville ouverte, douce, facile et poétique. Il était clair pour moi que j’allais y faire évoluer mes personnages. Il y a également le côté architectural de la ville qui, pour les yeux, demeure attrayant et intéressant», explique le réalisateur.
Dans ce projet, Michael Mackenzie voulait non seulement montrer la réalité des immigrants dans leurs pays d’adoption, mais également le lien qui les unit encore à leur pay d’origine.
Le drame que vit la jeune Yasmine alors qu’elle apprend la disparition de sa mère dans Beyrouth bombardé en est un exemple concret. Elle habite maintenant officiellement au Québec, mais jamais elle n’oubliera, en raison des événements notamment, d’où elle vient.
Un couple gagnant
Comptant parmi sa distribution des acteurs d’expérience comme Gabriel Gascon, Paul Ahmarani et Maxim Roy, le réalisateur est particulièrement fier de ses deux trouvailles : Jesse Aaron Dwyre dans le rôle d’Adam, et Flavia Bechara, incarnant la jeune Yasmine.
«Ils sont vraiment hallucinants, affirme le cinéaste. Dès la première journée de tournage, une complicité s’est installée entre les deux comédiens. Ils ont vraiment réussi à rendre à son paroxysme l’émotion que véhiculait le scénario.»
Le bon moment
Il y a quelques années, un film comme Adam’s Wall n’aurait sans doute pas fait l’unanimité auprès des communautés juive et arabe. En 2008, par contre, Michael Mackenzie est confiant que son film sera bien reçu.
«Les temps changent, le monde évolue et, enfin, nous nous parlons, dit-il. C’est un sujet qui reste par contre excessivement délicat. Nous avons eu des scènes à tourner autant dans une synagogue que dans une église orthodoxe, et dans les deux cas, nous avons été très bien accueillis, signe que nous sommes beaucoup plus ouverts qu’avant.»
Tournant en anglais par choix et désir ainsi que dans le but de faciliter l’exportation de ses Å“uvres, le réalisateur espère que son nouveau film voyagera beaucoup et traversera les frontières, au sens propre comme au figuré.
En plus de quelques festivals incontournables, Mackenzie vise également la présentation de son Å“uvre en Israël. Là où le cinéma ne cesse de croître en qualité.
Avec ce film, le réalisateur n’a pas la prétention de vouloir changer le monde, il veut simplement donner un peu d’espoir pour la suite des choses.
Adam’s Wall
En salle dès aujourd’hui