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Culture

Alanis Morissette à la Salle Wilfrid-Pelletier : Plus ça change…

Trente-quatre ans. Alanis Morissette n’a que 34 ans. On a beau se le répéter des centaines de fois, on n’arrivait pas à le croire, hier, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

Mais pourquoi, au fait?

D’une part, parce que la chanteuse canadienne fait partie du paysage musical depuis le milieu des années 1990 (un peu plus tôt, même, si on compte ses tout débuts dans le dance). D’autre part, parce que celle de 2008 n’a pas grand-chose en commun avec la Alanis de 1995, qui se déchaînait sur du rock lourd et agressif, et qui ne se gênait pas pour parler de fellation dans des salles de cinéma (voir You Oughta Know). Son étrange gestuelle répond toujours à l’appel, tout comme sa longue crinière brune, qu’elle fait virevolter à la moindre occasion. Même chose pour son harmonica, qu’elle porte à sa bouche pour agrémenter les parties instrumentales de Head Over Feet et de All I Really Want.

Les différences ne sont peut-être pas perceptibles au premier coup d’Å“il, mais elles nous sautent au visage après quelques minutes.

Les drôles de mouvements des mains nous fascinent encore, mais jamais autant que le grand drapé placé à l’arrière de la scène, sur lequel on peut voir des oiseaux, l’océan, une énorme fleur et une image pour le moins ésotérique de la star, les yeux grands fermés. Les cheveux sont quant à eux parfaitement coiffés, à la dernière mode. Et puis l’harmonica est rangé non pas dans la poche d’un blue-jean, mais plutôt dans la doublure d’un chic veston de couleur crème.

Les chansons ont elles aussi passablement changé. Heureusement, Alanis sait que les gens se déplacent pour entendre ses vieux tubes et non pas les titres de son dernier CD, Flavours of Entanglement, dont elle ne fera que quatre extraits.

C’est ainsi que la plupart des 20 pièces jouées au cours de la soirée étaient tirées de ses deux premiers opus, Jagged Little Pill et Supposed Former Infatua­tion Junkie. Des albums si populaires que même les morceaux les plus obscurs ont été accueillis par des cris.

De la poignante Unin­vited en ouverture à des versions acoustiques de Hand In my Pocket et de So Pure en fin de prestation, Alanis a enfilé les succès à la vitesse de la lumière, comme pour s’assurer de ne pas se coucher trop tard. Les temps ont changé…

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