Qui n’a jamais rêvé d’être acteur? Le documentaire J’me voyais déjà plonge dans le quotidien de 13 jeunes qui ont ce rêve en commun et qui travaillent d’arrache-pied, la passion au fond des yeux, dans l’espoir de se faire une petite place dans le star-system québécois.
«Mon but n’était pas d’apprendre quelque chose aux gens, mais de leur raconter une histoire, précise le réalisateur Bachir Bensaddek. Raconter l’histoire de jeunes qui se voient déjà acteurs et qui veulent faire ce métier extrêmement populaire au Québec.»
Avec une caméra et deux collègues, le cinéaste derrière le documentaire Cirque du Soleil : sans filet, s’est cette fois immiscé pendant une année entière dans la vie de 10 étudiants du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, de deux jeunes qui rêvent d’y entrer et d’un acteur fraîchement diplômé qui en est encore à ses premiers pas dans le métier.
«À la fin de l’année, mon équipe était rendue très proche des comédiens, se souvient-il. Ils étaient tellement habitués à notre présence avec la caméra qu’on faisait quasiment partie des meubles!»
Le documentariste a suivi ses 13 protégés à leurs auditions, à leurs cours et répétitions, à leurs spectacles, à leur gala de fin d’année… Il les a aussi accompagnés dans leur quotidien, dans leurs diverses jobines pour réussir à boucler les fins de mois, dans leurs angoisses, leurs questionnements et leurs espoirs.
«Chacun a un moment pour s’exprimer, et ensemble ils forment un tout, raconte le cinéaste. Le documentaire ne s’intéresse pas à leur individualité en tant que personne, mais à leur individualité en tant que futur, ancien ou présent étudiant en théâtre.»
Un métier de passionné
Bachir Bensaddek a été impressionné par la passion qui animait les jeunes comédiens qu’il a côtoyés.
«Ils ont une rage et une détermination d’y arriver, raconte-t-il. Il faut de la passion pour exercer tous les métiers, mais c’est encore plus vrai pour le métier d’acteur.»
La jeune comédienne Ève Landry, une étudiante du Conservatoire ayant participé au documentaire, a eu beaucoup de plaisir à visionner J’me voyais déjà, qui est à son avis très fidèle à la réalité des acteurs en devenir.
«On voit que ce qu’on fait et ce qu’on vit est dur, mais qu’on est tous heureux de le faire», commente-t-elle.
«Je rêve d’être actrice depuis que j’ai huit ans, souligne-t-elle. Je me suis fait répéter cent fois que ça allait être dur, et je le sais. Mais quand je suis sur scène, je sais que ça en vaut la peine et j’ai le sentiment du devoir accompli.»
Ève Landry et Bachir Bensaddek espèrent tous deux que J’me voyais déjà ne découragera personne de se lancer dans une carrière de comédien.
«J’espère que les gens retiendront du film que, malgré les difficultés, être acteur est le plus beau métier du monde pour ceux qui sont passionnés par le jeu et qui le veulent vraiment», soutient Ève Landry, qui a participé à plusieurs projets depuis sa sortie du Conservatoire, il y a maintenant un an et demi.
J’me voyais déjà
Au Cinéma ONF
Dès aujourd’hui