De toute évidence, François Papineau et Robert Morin se sont amusés comme des gamins lors du tournage du film Papa à la chasse aux lagopèdes.
Après Requiem pour un beau sans-cÅ“ur, Yes sir! Madame…, Le Nèg’ et Que Dieu bénisse l’Amérique, le prolifique réalisateur Robert Morin présente son nouveau film à petit budget qui, lui aussi, tourne autour du thème de la confession et de l’introspection.
Dans Papa à la chasse aux lagopèdes, le personnage principal, Vincent Lemieux (François Papineau), clairement inspiré de l’ancien PDG de Norbourg, Vincent Lacroix, prend la fuite afin d’échapper à la police qui le recherche pour fraude.
Tout au long de sa cavale, qui le mènera vers le Grand Nord, Vincent Lemieux se filmera afin d’expliquer ses gestes à ses deux filles qui le croient parti à la chasse aux lagopèdes.
«Je ne le cache pas, les fraudeurs ont été le point de départ de ce film, affirme Robert Morin. Moi, je me demande toujours ce que ces gars-là disent à leurs enfants le soir. Comment ils expliquent qu’ils sont des crosseurs?»
Fasciné par cette contradiction entre le rôle d’homme d’affaires froid et de père de famille chaleureux, Robert Morin parle de Papa à la chasse aux lagopèdes comme d’un film à la fois sur le capitalisme et sur l’humain.
Deuxième choix
Quand il a eu à choisir celui qui allait interpréter Vincent Lemieux, Robert Morin avoue avoir d’abord pensé à… lui-même.
«Finalement, j’ai réalisé que ce gars-là ne pouvait pas avoir ma face», dit-il. Il se tourne donc vers François Papineau avec qui il n’a jamais travaillé, mais qu’il connaît comme ami.
Le comédien, que l’on a vu autant à la télévision (Le négociateur, Les poupées russes) au cinéma (Le collectionneur, Post Mortem) et qu’au théâtre (L’Iliade, L’Odyssée) accepte de relever le défi et de porter le film sur ses épaules.
Même s’il interprète le seul personnage significatif du film, même s’il doit tout au long du processus ne s’adresser qu’à la caméra et même s’il n’a pas d’enfants, François Papineau dit ne pas avoir trouvé le rôle difficile.
«Le mandat est clair : il faut jouer le papa qui parle à ses filles, explique-t-il. Quand tu parles à la caméra, il faut que tu aies les personnages dans ta tête. C’est sûr qu’il n’y a jamais la réplique qui vient, mais au fond, c’est comme faire un monologue au théâtre.»
En toute simplicité
Dix jours de tournage à la baie James et trois jours en Floride ont été suffisants pour que l’équipe (Robert Morin, François Papineau et le preneur de son) termine le film.
«Moi, ça ne me frustre pas de ne pas avoir un gros budget; au contraire, les contraintes me stimulent», explique le réalisateur, qui avoue que, selon lui, les dramatiques avec plusieurs acteurs diluent le propos.
«Un film, c’est une nouvelle, c’est un bref moment de la vie de quelqu’un. C’est quand j’ai vu trop gros que je me suis planté. Quand le concept est simple, t’es en business», continue celui qui, malgré son succès et ses nombreuses années de carrière, dit avoir toujours peur de faire un film de trop.
Malgré cette crainte, il travaille déjà sur son prochain long métrage qui portera sur un pédophile qui voyage en Afrique et dans lequel il sera l’acteur principal.
«Celui-là peut avoir ma face», affirme-t-il en riant.
Mais avant de se remettre au travail, il tient tout de même à passer du temps avec son ami François Papineau, avec qui il prévoit aller… à la chasse au caribou.
Papa à la chasse aux lagopèdes
En salle le 21 novembre