JCVD revient, et il est en colère. Finie l’image du type plastique, Jean-Claude Van Damme montre qu’il est aussi un authentique acteur, capable d’autodérision.
«Tu n’as pas besoin d’un flash quand tu photographies un lapin qui a déjà les yeux rouges.»
Les pensées philosophiques du plus belge des gros bras ont fait le tour des émissions télé ces dernières années. Le karatéka européen le plus célèbre de Hollywood s’est forgé une image de gros nigaud pas très flatteuse, qui ne lui convient pas tant que ça.
Mais Mabrouk el Mechri, cinéaste talentueux d’à peine 30 ans et auteur de l’excellent Virgil avec Jalil Lespert, redonne ses lettres de noblesse au héros de son enfance.
L’acteur de Kickboxer et de Bloodsport montre ici une facette de son jeu qu’on ne connaissait pas. Fin, drôle, capable d’autodérision, il se montre convaincant dans son propre rôle, laissant le spectateur perplexe : mais où s’arrête donc la fiction?
«Toutes les décisions ont été prises pour le bien du film et de la narration, et pas pour Van Damme, explique le réalisateur. Je l’ai tout de suite prévenu, le scénario allait relater à la fois des éléments réels de sa vie privée, des rumeurs et des faits totalement fictifs.»
Mise à nu
JCVD parle de Van Damme. Ses problèmes fiscaux, la drogue, la bataille pour la garde de son fils, ses phrases à l’emporte-pièce, ses films de plus en plus caricaturaux… rien n’est laissé de côté.
À bout de souffle, la star décide de rentrer chez elle, en Belgique. Mais comme dans tout film noir, la spirale négative ne peut s’arrêter en si bon chemin… On ne dévoilera pas le reste de l’intrigue, mais le scénario, aussi fou que le John Malkovich de Spike Jonze et de Charlie Kaufman, ne manque pas de rebondissements.
«Il n’a jamais été question de censurer des scènes sous prétexte qu’il allait mal le prendre, tient à préciser El Mechri. Une fois que Van Damme a accordé sa confiance, tant qu’on ne le déçoit pas, on peut tout lui demander.»
Dans une des scènes, JCVD se retrouve face à la télé qui énumère toutes ses phrases les plus célèbres.
«Pendant la première prise, il ne se passait rien sur son visage, raconte le cinéaste. On s’est isolés et je lui ai demandé où était le problème. Il m’a répondu : « Il faut que tu me dises exactement ce que tu veux, parce que moi, je suis blindé. J’ai tellement vu et revu ces scènes qui ont fait du mal à ma famille, que je ne sais pas quoi faire. »»
Il a fini par trouver, comme en témoigne le long monologue face à la caméra où l’acteur se met à nu, encore une fois sans que l’on sache trop s’il joue ou s’il est sincère… Félicitations Jean-Claude, tu es devenu un vrai acteur.
JCVD
En salle dès aujourd’hui