lang="fr-FR" > Émilie Proulx : Éloge de la lenteur
Culture

Émilie Proulx : Éloge de la lenteur

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Dans ses chansons, Émilie Proulx est mélancolique, désemparée, elle se questionne sur la vie au fil des mots qu’elle laisse échapper lentement sur une musique planante et folk.

Dans la vie, la jeune auteure, compositrice et interprète est souriante et impatiente de parler de son premier CD, La lenteur alentour.

Ce disque est très attendu par certains mélomanes. Son minialbum de cinq chansons, sorti en 2007, Dans une ville, endormie, a été chaleureusement ac­cueil­li par la critique. La pression exercée sur Émilie Proulx était donc grande,  mais la jeune femme a tout de même pris son temps pour accoucher d’un album triste et beau dont elle est très fière aujour­d’hui.

«J’avais plus de misère à écrire des chansons après l’accueil qu’a reçu le EP, confie la timide artiste. J’ai dû travailler pour essayer d’oublier cette pression. C’était nécessaire parce qu’à un moment donné, tu écris et la seule chose que tu as en tête, c’est  qu’il va y avoir du monde qui va entendre ça. J’ai donc travaillé fort pour mettre ça de côté en ne me forçant pas à écrire si je n’en avais pas envie et en respectant mon rythme d’écriture. J’ai vraiment essayé de reprendre contact avec le côté de moi qui faisait de la musique au début, juste pour le fun.»

C’est qu’au départ, la jeune femme faisait de la musique pour elle-même. Émilie joue de la guitare depuis plus de 15 ans et sait également manier le piano et la basse. Celle qui a déjà été horticultrice avait déjà pensé à faire carrière dans la musique, mais elle en avait fait son deuil, par peur, explique-t-elle.

Elle écrit tout de même quelques chansons qu’un ami l’aide à enregistrer. Son voisin d’en haut se trouve à l’époque nul autre que le musicien Carl-Éric Hudon, qui lui offre de faire sa première partie. Elle rencontre par la suite Navet Confit, codirecteur artistique de la maison de disques La Confiserie, et la voilà aujourd’hui avec un premier album qu’elle a réalisé elle-même.

Elle s’appelle mélancolie

Ce qui frappe l’oreille à l’écoute des chansons d’Émilie Proulx, c’est la douce mélancolie qui en émane. Ses compositions sont parfaites pour les journées de pluie, quand on rumine derrière la fenêtre. La tristesse est en fait sa partenaire d’écriture.

«Je trouve que quand je suis down, mes émotions sont plus riches, souligne-t-elle. J’ai plus le goût d’écrire dans ce temps-là, que quand je «file» pour faire le party.»

Mais le côté un peu sombre de l’artiste n’est pas déprimant, il se fond dans son univers musical folk, tantôt empreint d’un son seventies, tantôt un brin country. Ses textes nous renvoient plutôt à nos propres questionnements, et c’est ce qui fait leur force d’évocation.

«Dans mes chansons, je mets en mots un état de recherche, précise-t-elle. Vers la fin de la vingtaine, on se cherche pas mal, et ça crée un sentiment de vide et d’insécurité que j’ai essayé de faire transparaître dans mes textes. On se demande: «Qu’est-ce que je fais de ma vie, où est-ce que je m’en vais?» J’en étais vraiment là dans ma vie, et en faisant l’album, j’ai trouvé comment m’orienter. En arrivant au bout de l’album, je vois que je ne me sens plus aussi perdue qu’avant!»

La lenteur alentour
En magasin mardi

Articles récents du même sujet

Exit mobile version