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Culture

Patrick Watson : Avec les copains

Les membres de Patrick Watson ne se sont pas quittés d’une semelle depuis trois ans… Et ça paraît. Entrer dans la bulle du groupe montréalais, c’est du sport.

En entrevue, les gars se livrent à une surenchère de blagues, changent le sujet de la conversation une bonne douzaine de fois et formulent quelques curieuses – mais néanmoins divertissantes – métaphores («C’est comme si j’avais passé huit mois avec des patates pilées dans les lunettes», dit le chanteur pour illustrer sa fatigue lors de la dernière tournée européenne de la formation).

Le délire ne s’arrête pas là. Au bout de 30 minutes de discussion, Patrick, Simon, Mishka et Robbie se lancent même dans une reconstitution mimée de l’accident de la route qu’ils ont eu en 2007 dans le Dakota du Nord.

Le quatuor évoque cette mésaventure sur Wooden Arms, son nouvel album. Dans les remerciements, les musiciens mentionnent «Tony, de Barnesville», le bon Samaritain qui les a conduits à l’hôtel après l’accrochage. «On lui devait bien ça!» s’exclame Robbie Kuster, le batteur du groupe.

Des chaudrons et des casseroles
Wooden Arms arrive sur les tablettes trois ans après  Close to Paradise, un album encensé par la critique et vendu à plus de 100 000 exemplaires dans le monde.

À l’instar de son prédécesseur, le troisième opus de la formation navigue sur des eaux oniriques où se heurtent des sonorités space rock à la Pink Floyd et des rythmes indie folk évoquant Jeff Buckley.

Les mélomanes avertis retrouveront avec bonheur le piano et les envoûtantes harmonies vocales de Watson, qui, cette fois-ci, s’élèvent sur des pièces où se mêlent instruments traditionnels et objets inusités, comme un vélo, des tiroirs et des branches d’arbre.

«Contrairement à ce que le monde pense, c’est plus simple de mettre un micro sur des chaudrons que sur une batterie», explique Patrick Watson.

Sur la route
Enregistré et écrit en partie sur la route, Wooden Arms s’inspire du périple qui a conduit la formation aux quatre coins du monde. Watson se défend toutefois d’avoir pondu un disque documentant sa dernière tournée.

«Si on avait écrit sur ce qui nous arrivait au jour le jour, ça aurait donné des paroles comme « Je veux me brosser les dents / Mais ça sent la merde parce que Simon vient d’aller aux chiottes »! blague-t-il. La vie dans une vanne, ce n’est pas ce qu’il y a de plus excitant.»

Malgré tout, les joyeux lurons se préparent de nouveau à faire leurs valises et à quitter famille et amis afin de promouvoir leur dernière offrande. Les États-Unis, l’Angleterre, le Japon et l’Australie font partie des pays qu’ils comptent visiter.

«Partir en tournée, c’est comme sauter dans l’eau froide, observe Watson. Au début, ça te tente et tu sens que ça va être génial, mais quelques secondes après avoir mis les pieds dedans, tu trouves ça insupportable!»

Ambitions

Deux ans après avoir gagné le prestigieux Polaris Music Prize pour Close to Paradis­e, devant des stars d’envergure internationale comme Feist et Arcade Fire, les membres de Patrick Watson semblent toujours échapper au piège de la mégalomanie, comme en témoigne leur humilité face au succès.

Quand on leur demande ce qu’ils espèrent accomplir avec Wooden Arms, les gars restent évasifs.

«On veut juste donner les meilleurs shows possible», avance timidement Robbie.

Et cette bourse de 20 000 $ qui accompagnait le Polaris, qu’en ont-ils fait?

«On n’a pas vraiment pu en profiter, raconte Robbie, l’air piteux. On a reçu le bill de notre accident au Dakota la même journée qu’ils ont annoncé les noms des gagnants… et les dommages s’élevaient à  20 000 $!»

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