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Ce qu'il faut pour vivre et Borderline raflent la mise aux Jutra

Ce qu’il faut pour vivre avait ce qu’il fallait pour remporter le prix du Meilleur film, hier soir, à la 11e soirée des Jutra. Le long métrage, qui raconte le parcours d’un Inuit malade ayant perdu le goût de se battre, est reparti avec deux autres trophées, soit ceux du Meilleur scénario et du Meilleur acteur, pour Natar Ungalaaq.

Alors que plusieurs s’attendaient à une victoire de Benoît Pilon (Ce qu’il faut pour vivre) ou d’Yves-Christian Fournier (Tout est parfait), Lyne Charlebois a créé la surprise en mettant la main sur le Jutra de la Meilleure réalisation pour Borderline, devenant ainsi la première femme dans l’histoire du gala à gagner dans cette catégorie.

Visiblement sous le choc, la cinéaste a pris plusieurs secondes avant de se lever et d’aller cueillir son prix. «Je suis contente ce soir d’être une femme pour dire à toutes les femmes qui veulent faire ce métier-là que c’est possible», a-t-elle lancé, au bord des larmes.

Borderline a raflé trois trophées supplémentaires au cours de la soirée, soit ceux du Meilleur montage, de la Meilleure actrice de soutien, pour Angèle Coutu, et de la Meilleure actrice, pour Isabelle Blais.

«Ça fait deux, trois mois que je ne suis pas sortie! s’est écriée cette dernière, qui a donné naissance, en janvier, à un petit garçon. J’ai le cerveau en guimauve et les seins qui vont exploser!»

Angèle Coutu a elle aussi paru très émue en venant recevoir son prix. «C’est un profond honneur d’être ici, a-t-elle dit. Combien de fois ai-je pensé accrocher mes patins? Je suis même passée à un demi-poil de ne pas aller à l’audition!»

Tout n’est pas parfait
Tout est parfait a dû se contenter d’un seul prix, celui du Meilleur acteur de soutien, remis à Normand D’Amour. L’absence du long métrage d’Yves-Christian Fournier dans la catégorie du Meilleur film a fait l’objet de vives critiques depuis le dévoilement des mises en nomination, le mois dernier. Gageons que sa maigre récolte d’hier soir n’aidera pas à calmer la controverse.

Finaliste à neuf reprises, plus que tout autre film cette année, Babine, de Luc Picard, a quant à lui reçu le Jutra de la Meilleure direction artistique. Ce prix s’est ajouté aux quatre autres obtenus lors du gala hors d’ondes, jeudi.

La palme du Meilleur documentaire a été remise à Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture, de Patricio Henriquez. Le nÅ“ud cravate, de Jean-François Lévesque, s’est mérité celle de la Meilleure animation.

Denis Villeneuve a pour sa part accepté le trophée du Meilleur court métrage pour Next Floor.

C’est Cruising Bar 2 qui a obtenu le Billet-d’Or, remis au film québécois ayant le plus d’entrées en salle.

Les membres du conseil d’administration de la soirée des Jutra ont par ailleurs souligné l’Å“uvre de Fernand Danse­reau en lui décernant un prix hommage. Plusieurs artistes, dont Marina Orsini et Suzanne Clément, ont foulé la scène du studio 42 de Radio-Canada afin de témoigner leur admiration pour le  réalisateur, producteur et scénariste.

Au micro, Dansereau a lancé un message d’espoir aux jeunes réalisateurs, pour qui la vie est souvent «difficile». «Lâchez pas!» s’est-il exclamé.

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