Thomas Hellman a fait des disques en anglais et en français, mais sur sa dernière offrande, Prêts, partez, sortie à l’automne, il a décidé de mélanger ses deux langues maternelles. Sur cet opus, le Montréalais né d’un père texan et d’une mère française explore le folk à fond en lui ajoutant des couleurs de chanson française, d’électro, et même de slam.
L’auteur-compositeur-interprète l’affirme sans pudeur : il est allé plus loin à tous les niveaux sur son nouveau disque et il promet bien d’amener ses compositions au niveau supérieur sur scène pour sa première montréalaise qui aura lieu mercredi prochain.
«Je suis allé beaucoup plus loin avec cet album-là qu’avec mes albums précédents, tant au niveau de la musique qu’au niveau des textes, explique le chanteur. Dans les textes, ça se résume d’abord par les thèmes que j’ai abordés, mais aussi par le mélange des langues. C’est quelque chose qui me vient très naturellement, vu mes origines. Prêts, partez, est un album majoritairement francophone, mais quand l’anglais apparaît, c’est un peu comme un instrument solo qui vient colorer la langue française. Au niveau musical, Prêts, partez reste folk, mais avec des éléments plus modernes, comme de l’électro, parce que j’ai voulu en fait souligner les propos des textes qui sont pour moi très ancrés dans la modernité.»
On peut donc penser que Thomas Hellman a voulu être de son époque en incluant des textes chantés faisant penser à du slam sur sa dernière galette, mais en fait, il n’a voulu que rendre hommage à la beauté des mots et à une tradition qui ne date pas d’hier.
«Pour moi, le slam c’est juste un autre mot pour décrire ce qui existait déjà il y a très longtemps, souligne le récipiendaire du Prix Felix-Leclerc de la chanson 2007. En fait, ce sont des poèmes dits sur de la musique. Ça existe depuis le moyen-âge; les troubadours le faisaient. Ce qui m’a surtout influencé, c’est le beat poetry des années 1950 et 1960 à New York, qui était du spoken world rythmé sur du jazz. J’ai rencontré le dernier beat poet, Jean Giorno. Il est venu au Festival Voix d’Amériques en 2008, pendant que j’étais en train d’écrire l’album, et j’ai mis un de ses textes en musique pour l’occasion. Après, il m’a offert un texte qui s’est retrouvé sur l’album.»
Sur Prêts, partez l’artiste bilingue a donc vraiment exploité le côté littéraire de la chanson. Ancien étudiant en lettres, Thomas Hellman est en fait venu à la musique par la littérature.
«Pour moi, le spoken word, c’est venu naturellement. J’avais envie de faire quelque chose qui était plus récité, dit-il. Il y a un genre de pouvoir dans les textes récités. C’est comme si ça faisait davantage ressortir la musicalité du texte.»
Voyager sur scène
Mélanges des langues, mélange des textes récités et chantés – Thomas Hellman aime les expérimentations et compte bien en faire sur scène, qui est un univers complètement différent du disque, selon lui.
«Le disque, c’est comme un recueil de nouvelles ou un roman, c’est quelque chose que t’écoutes chez toi, il y a tout un univers dans lequel tu plonges. Le contexte d’écoute est complètement différent que pour la scène, affirme-t-il. Pour moi, la scène, c’est vraiment l’occasion de revisiter l’album, mais aussi de montrer mon cheminement. Ce que je veux dire par là, c’est que oui, je mets l’accent sur les nouvelles chansons, parce que ce sont elles qui représentent le plus où je suis rendu, mais je fais aussi des chansons de L’appartement, des chansons de mes albums en anglais et quelques pièces inédites. Le plus important, pour moi, c’est que ça soit vraiment comme un voyage. Je veux que les gens partent en voyage avec moi!»
Thomas Hellman
Au Club Soda
Le 18 mars